Laisse moi entrer

Crédit image : Let The Right One In - Jason Edmiston

Let The Right One In – Jason Edmiston

Un jour, j’arriverais à faire mes chroniques à l’heure, promis….

Bonjour tout le monde ! Nous revoilà avec encore un livre du bingo. Navrée pour ce manque de diversité x’)

Si vous vous souvenez bien, je l’avais présenté comme une lecture que je n’arrêtais pas de repousser. Un livre qui me faisait envie mais que je n’arrivais pas à commencer. Aussi, forte de ma détermination, je l’ai entamé en premier… Et fort heureusement car j’ai mis du temps avant de le finir.

Est-ce que ça en valait le coup ? C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Laisse moi entrer

Auteur : John Ajvide Lindqvist

Date de publication : 2009

Nombre de page : 608

Résumé : » – Oskar… Cela provenait de la fenêtre. Il ouvrit les yeux et regarda dans cette direction. Il vit les contours d’un petit visage de l’autre côté de la vitre. Il écarta ses couvertures mais avant qu’il ait eu le temps de sortir de son lit, Eli murmura : – Attends. Reste dans ton lit. Est-ce que je peux entrer ? Oskar chuchota : – Oui. – Dis que je peux entrer. – Tu peux entrer. «


Oskar a 12 ans, il vit seul avec sa mère au coeur d’une banlieue glacée de Stockholm. Il est martyrisé par trois adolescents de son collège. Eli emménagé un soir dans l’appartement voisin. Un homme l’accompagnait. Elle sort le soir, semble ne craindre ni le froid ni la neige et exhale une odeur douceâtre et indéfinissable. Une magnifique et sanglante histoire d’amour et d’amitié entre deux êtres désespérément seuls et différents.

Mon avis :

AH. Ah ouais… Je… Oh, ça va être compliquée cette histoire.

Exceptionnellement, je commence avec Chouette pour cette chronique parce que je dois commencer par certains points. Sérieusement.

Ce livre est glauque, genre, vraiment, vraiment glauque. Et c’est peut-être bizarre de commencer par ce point, car, après tout, Chouette, évidemment que cela allait être glauque ? N’as-tu donc pas vu le thème ? Lu le résumé ? Et en soit, ce sont de bonnes remarques et j’en suis quelque peu mitigée de devoir aborder ce point. Quoique, le résumé de Milady était tellement… à côté de la plaque que j’ai pitié des gens qui l’ont commencé sans savoir. Parce que, même moi qui connaissait les grandes lignes, j’ai été prise de court. Clairement, j’avais sous-estimé le niveau et je dois donc prévenir.

Il y a de gros TW. Notamment, sur la pédophilie avec tout ce que ça implique. Sans compter des scènes violentes assez décrites. Si cela vous met mal à l’aise, n’allez pas lire ce livre.

On m’avait vendu Oskar, le personnage principal, comme un garçon martyrisé, ayant des problèmes avec ses parents et qui ferait la rencontre d’une enfant vampire. Et, euh… Alors, le vampire, aucun souci avec. Les soucis avec ses parents, plutôt crédible sans tomber dans le pathos. Les brimades… Oui, elles y sont, mais on n’est pas dans de petites disputes entre enfants. Ici, on a des actes de sadisme, d’humiliation, qui n’arrêtent pas d’escalader si bien que, passé un certain cap, elles sont vraiment effrayantes.
Par contre, ce que le résumé ne précise pas, c’est son obsession pour les tueurs en série ou qu’il rêve de tuer ses camarades de classe. Ouaiiiiis… Je ne dis pas que le personnage est antipathique, au contraire. Même s’il est, à l’image de ce roman, glauque par moment, on a quand même beaucoup d’empathie pour lui et il est clair qu’il est surtout perturbé. Mais quand on nous vend un agneau blanc en résumé, un pauvre enfant martyrisé comme on en voit souvent dans ce genre d’histoire… Eh bien, je vous avoue que lire la scène où il taille un arbre au couteau à cran en rêvant que ça soit le ventre de son harceleur… C’est particulier, dirons-nous.

L’autre point, c’est le « père » d’Eli. Je savais, car j’avais des bases de l’histoire, qu’il y avait une relation malsaine entre ces deux-là et des soupçons de pédophilie. Je pensais, naïve que j’étais, que cela ne serait jamais explicitement dit, mais qu’il y aurait une sorte de non-dit.
LOL
Il y a des passages entiers qui sont dans la tête de ce personnage et ce n’est absolument pas sous-entendu. Commencer le roman et se prendre deux scènes détaillées de pédophilie avant d’atteindre la page 50… AH OUAIS. Ses motivations sont extrêmement claires. J’étais très mal à l’aise à chaque fois qu’on était de son point de vue. Puis, alors que j’arrivais vers le début de la fin (fin du milieu ?), je me suis fait la réflexion qu’au final, on en avait plus vue depuis longtemps, que c’était peut-être pour caractériser le personnage et que désormais, cela serait plus calme de ce côté.
LOL (bis)
Juste à ce moment-là, il y a eu une scène de viol. Je crois que le pédophile m’a fait bien plus peur que tous les meurtres par les vampires. C’était terrifiant. Il y avait des passages entiers où je ne savais plus pourquoi je lisais ce livre et où je me sentais sale, mais j’avais envie de connaître la suite. Ce fut une expérience un peu… étrange.
Un autre point, moins étrange heureusement, qui m’a dérangé, c’est le nombre de personnages. Comme je l’ai déjà dit plus haut, c’est un livre chorale où on est, au fur et à mesure, dans la tête des personnages, parfois plusieurs par chapitre. Un peu comme dans Le trône de fer, si vous voulez. De fait, on suit beaucoup de protagonistes et clairement, je me suis perdue dedans au début, entre les différents noms. Je me demandais également ce que cela apportait, certains me semblaient tellement superflus et j’étais étonnée qu’au final, on ait toute une partie où on ne parle quasiment pas ni d’Eli, ni d’Oskar, c’était un peu comme si on leur volait leur histoire. Vers la fin, cependant, j’ai compris. L’auteur était en train de placer ses pions et une fois que tout était bien aligné, l’action est devenu limpide. Même si je me demande encore l’intérêt de certain, c’était bien plus clair. L’ennui, c’est qu’avant cela, on a eu tout le début où c’était flou et où les personnages s’empilaient les uns sur les autres. Je ne sais pas comment mais je pense que cela aurait pu être mieux géré.
Le dernier point, c’est plus du chipotage mais j’ai trouvé que le livre était écrit petit, ce qui rendait la lecture assez laborieuse. Si on ajoute à cela le style pas toujours très fluide, les personnages trop nombreux et le côté glauque, il y avait des passages où je devais vraiment me forcer pour continuer. Pas la meilleure expérience de lecture que j’ai eu, quoi.
En résumé : une ambiance trop glauque pour moi, un début trop confus avec trop de personnages et un livre écrit trop petit.

Ceci dit, ne vous méprenez pas ! Je n’ai pas détesté ce livre. Bon, je ne suis pas certaine que je l’ai aimé tant il m’a mis mal à l’aise et tant la lecture a parfois été laborieuse. MAIS ! J’en ai noté beaucoup de bons points et je ne regrette pas du tout de l’avoir lu. Voilà ce que j’ai apprécié dedans :

J’ai ENFIN eu une bonne histoire de vampire, avec des enfants, qui ne soit pas de la littérature jeunesse où on efface la notion de vampire au strict minimum. Pas que je ne n’aime soudainement plus la littérature jeunesse – ça reste mon type démographique littéraire préféré – mais, clairement…. Je ne le trouve pas très développé sur ce sujet. Il doit bien y avoir des chairs de poule sur les vampires mais ils sont généralement adultes. Quand on met en scène un enfant-vampire, ce n’est pas pour de l’horrifique mais plus une sorte de folklore, généralement en lien avec halloween ou Dracula et il s’agit réellement d’un enfant normal qui aurait juste des pouvoirs de vampire en plus – et pas trop poussé, tout de même, il ne s’agirait pas de faire peur. Rien n’est exploité derrière. Quand à la littérature adulte, eh bien, bizarrement, ils mettent en scène des vampires adultes. Il y a bien Claudia de Entretien avec un vampire qui a été ma première entrée à la matière et que j’adore mais sinon, c’est assez vide. Si vous avez des recommandation d’ailleurs, je suis preneuse.

Ici, non. Si vous me permettez de me répéter, on a enfin une BONNE histoire de vampires, avec des enfants. Ca fait peur, ca prend aux tripes, rien n’est épargné.
Le côté vampire est très bien mis en scène avec reprise de plusieurs aspects de manière cohérente. Le titre, par exemple, est une référence au fait que, dans certaines croyances, le vampire ne peut pas entrer dans une maison si on ne l’a pas autorisé. C’est un point important du livre et l’auteur prend soin de détailler ce qui se passe si le vampire tente quand même d’entrer. En fait, l’auteur prend vraiment le soin de détailler les conséquences et on a plusieurs scènes de description qui font assez froid dans le dos. Tout le monde a peur du vampire, que cela soit les humains ou les infectés, ce qui est assez bien vu. Il y a plusieurs fois la comparaison avec un cancer. On a également l’idée que le vampirisme aurait sa volonté propre, sur lequel même les vampires n’aurait aucun contrôle et cela donne une scène d’agression qui était bien flippante.
Le côté enfant/enfant-vampire est de même qualité. En gros, dans ce genre d’histoire, il y a deux solutions : ou bien il peut grandir mentalement mais pas physiquement (typiquement, Claudia) et l’on a un adulte centenaire coincé dans un corps d’enfant et on joue cette carte ; ou bien il ne peut grandir ni mentalement, ni physiquement et on a donc une ambiguïté avec un enfant à la fois vieux et immature, incapable de changer. Le livre choisit la deuxième option, ce qui n’est peut être pas plus mal vu l’histoire d’amour/amitié/relation étrange qui se lit entre les deux. Ca n’atténue pas le côté vampire car, comme dit plus tôt, les enfants, même humains, peuvent se montrer assez violents. Et je trouve que l’auteur a su jouer avec assez efficacement, en montrant aussi le côté “incapable de s’occuper d’elle même” et la dépendance que cela entraînait, ce qui attire les gens douteux. Pourtant, elle reste dangereuse. Je ne saurais pas comment expliquer – à ma plus grande frustration– mais la fan d’enfant vampire que je suis a été largement comblée.
Il y a deux “”plot twist”” dans cette histoire. La première tient plus de la révélation par Oskar alors que le lecteur l’a compris depuis des plombes : c’est le fait qu’Eli est une vampire. Du coup, je me demande si on peut réellement parler de plot twist à ce niveau. Tout le monde sait et on attend juste patiemment la grande scène.
Et puis il y a cet autre autre plot twist. Qui pour le coup, en est vraiment un et que je n’ai PAS DU TOUT vu venir. Bon, en vrai, je me suis faite spoilé en allant voir des avis sur livraddict vers le milieu de ma lecture – mauvaise idée. Et il est aussi vrai que je tombe facilement dans le panneau. Mais là… J’en suis restée sur le cul. Et pourtant, cela faisait tellement sens et cela rajoutait au glauque de l’histoire. C’est vraiment un bon point pour moi.
Cela va être compliqué à expliquer vu que je ne peux rien spoiler mais. La fin. Clairement.
Je ne savais pas du tout dans quelle direction partait l’histoire, je n’étais pas certaine de comment cela allait finir. Et puis, en ce début de dernier acte (ou un peu avant peut-être ?), toutes les pièces se sont placées au bon endroit. Notamment les personnages, comme je l’ai dit plus tôt. C’était comme si tout ce qui s’était passé avant et dont on ne comprenait pas forcément l’utilité, en avait finalement trouvé une. Alors, il n’y avait plus qu’à regarder cette machine bien huilé faire son travail et je n’ai plus pu lâcher le livre.
Et je me suis laissée surprendre par la fin. Je ne m’attendais pas être aussi touchée. Pour un livre tellement glauque, c’était… surprenant. Logique mais inattendu.
De fait, et c’est lié, il y a des moments où le rythme est vraiment bien. Des passages entiers qui te coupent le souffle tellement le suspens est insoutenable et d’autres qui sont véritablement horrifiant.
Et quitte à enfoncer des portes ouvertes, avec tout ce que je viens de dire, vous vous doutez bien que l’ambiance de ce roman est top. Glauque, glaçante, avec des moments de répits et beaucoup d’horreur. C’est vraiment très réussi sur ce point là.
Et je m’arrête là pour le positif.
En résumé ?
Un livre bien trop glauque pour moi, qui m’était assez confus à la base mais qui a de nombreuses qualité comme le fait que ce soit une BONNE histoire d’enfant vampire ou son ambiance aux petits oignons qui ne m’a pas laissé indifférente – sans compter la fin et un certain plot twist.
Est ce que j’ai aimé ? Je ne saurais toujours pas le dire QoQ
Avis définitif :
Si vous aimez les romans d’horreur, le glauque ou les vampires, foncez, je pense que vous trouverez votre bonheur dedans.
Si au contraire, cela vous met mal à l’aise, ce n’est peut-être pas la meilleure des idées.
Et je rappelle tout de même qu’il y a des TW sur la pédophilie, la violence, le gore et les agressions sexuelles. Prenez soin de vous.
Sur ce, merci de m’avoir lu ! Et je vous dis à la semaine prochaine pour une nouvelle critique 😀

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