De la défense des albums

[Où je m’interroge. Beaucoup.  Et que je déverse mon sel. Pas mal.]
J’aimerais pouvoir me dire que je lis de tout. Et pas qu’à moi, mais aussi aux autres. J’aimerais pouvoir prétendre à cette universalité, ce goût de la connaissance qui, si j’avouerais sans honte avoir des préférences dans ces genres, m’aurait poussé à tout regarder, tout lire, tout goûter, ou au moins un peu de chaque. Pouvoir, sans m’en prétendre experte, avoir connu chaque thème, chaque genre, chaque nationalité et avoir une idée globale de la littérature. Sortir de ma zone de confort au moins un peu, histoire d’en chercher peut-être une autre, ailleurs, de découvrir ce que j’ignore ignorer, de me défaire de mes préjugés ou au contraire de pouvoir argumenter pourquoi ça, ce n’est vraiment pas pour moi. Avec le risque de revenir bredouille voir perturbée, mais au moins, avoir la sensation d’avoir essayé, une fois ou plus, d’avoir cherché et la fierté d’avoir eu cette curiosité.


Mais c’est là que le bât blesse : je ne lis pas de tout. Je lis bien plus qu’avant, en termes de diversité, grâce aux bingos de mon discord ou son club de lecture qui m’envoient souvent chercher où je n’aurais jamais songé. Je lis davantage, grâce aux chaînes booktubes également,que j’essaye de diversifier pour ne pas retrouver les mêmes livres en boucle. J’ai diversifié, j’ai tenté. Mais même là, je me rend parfois compte de cette vérité : je ne lis toujours pas de tout.


Il y a encore tellement de genre que je n’ai pas effleuré. Je ne connais rien de l’afrofuturisme ou de la littérature d’un seul pays d’Afrique. Et il y en a 54, bordel ! Ma carte livraddict demeure vide de mon ignorance et concentrée au même points, comme si une bonne partie de mes lectures venaient sans arrêt des même pays (on me souffle dans l’oreillette que c’est le cas). Je n’ai jamais lu de space opéra, encore moins de planet opera. La science fiction est censée être un de mes genres préférés et pourtant elle est rempli de sous-genre inconnus, de terres inexplorés, de -punk non lus. Mon théâtre est scolaire, ma poésie lamentable. Et dans tout ceci, comment ne pas croire qu’il en existe encore tant que je saisis même pas ? Le constat est sans appel : clairement, je ne lis pas de tout.
Mais au moins, me dis-je, je peux me targuer de lire beaucoup de littérature jeunesse – et en soit, ce n’est pas faux. Quand je vais dans ma librairie favorite, je tourne toujours dans le même étage. Si je parle à des amis, ils me répondront la même chose, j’ai cette réputation. Je suis la première à monter au créneau pour le défendre et la première à en parler librement. C’est d’ailleurs un peu pour cette raison que j’attire les remarques et autres incompréhensions sur pourquoi je ne lis pas de la vraie littérature au lieu de ces “bêtises pour enfant”, les injonctions à “grandir” et bla, bla, bla, ce n’est pas le sujet de cette chronique mais mangez quand même mon sel à ce sujet.

(D’ailleurs, le truc qu’on me reproche ensuite, c’est de vouloir convaincre les gens à tout prix de lire de la jeunesse. Et non pas que je ne veuille encore déverser du sel mais le débat stérile finit toujours par dériver là dessus. Cependant, coupons court à la salière, la qualité ou non du livre jeunesse n’est pas du tout le débat d’aujourd’hui. Un jour peut-être, mais pas maintenant. )


Et même là, le bât blesse et encore plus qu’en général : je ne lis toujours pas de tout. C’est pourtant étrange ! Après tout, j’adore ça et j’écume les rayons, en jouant à “toi, je t’ai lu, toi aussi, toi je t’ai, toi je te veux !”. Mais soyons honnête, mes goûts se portent pas mal sur le young adult et sur les romans pour adolescents, ces romans qui, par essence, commencent à être à la frontière avec l’adulte, dans cette zone un peu floue, un peu grise. Parfois, je mets mon scaphandre et je plonge plus bas, jusque dans le pré-adolescent. Soit que je veuille remonter une lecture d’enfance, dont la relecture me fera voir un nouveau côté, soit qu’une nouveauté m’ait tapé dans l’oeil. Mais plus bas ? Fichtre non ! J’adore l’école des loisirs, je trouve cette maison d’édition merveilleuse mais mes lectures se concentrent trop dans la collection Médium. Cela fait si longtemps que je n’ai été pioché dans les premiers romans, la bibliothèque rose et toutes ces petites merveilles sur lesquels on a appris, débuté à lire. Pourtant, il doit y avoir son lot de pépites, comme partout ailleurs, certaines même assez pour nous enchanter adulte. Alors pourquoi je ne creuse pas assez profondément de ce côté ?
Et là, soudainement, j’ai eu cette révélation/question : cela fait combien de temps que je n’ai pas lu un album ?
Un album, qu’on se mette bien d’accord, c’est un livre où le ratio texte/image est en faveur du deuxième. “Un livre avec plus d’images que de texte”, comme on dirait, au contraire du roman qui aurait plus de texte que d’images.

Et là, la question que je me pose, c’est “mais alors, quelle est la différence avec une bande dessinée ? La BD aussi, a un ratio en faveur de l’image. Et je lis de la BD – ainsi que du manga, du comics, du manwha etc. Donc pourquoi je suis attirée par l’un et pas par l’autre ?”. C’est peut-être se perdre en détour mais je pense que ça vaut la peine de se poser la question.
A première vue, et après rapide sondage, la différence est avant tout “structurelle” : dans une BD, il y a des cases, il y a des bulles et l’histoire est “contenue dedans”. L’album, lui, serait plus court et destiné à un public jeunesse (mais j’ai des doutes là dessus). Toutefois, on me note que cela peut potentiellement être flou si l’auteur/autrice le décide et je sens que c’est sans doute vrai.
Une maman est aussi passée et a rajouté des détails : une BD, c’est bien plus dur à lire à haute voix qu’un album (“faut suivre la case du doigt, voire les perso pour que l’enfant comprenne qui parle”), ce qui a du sens pour moi. Il me semble qu’il y a vraiment une dimension lecture à voix haute dans l’album. Elle ajoute également : il n’y a qu’une seule trame dans un album alors qu’une BD peut en avoir plusieurs (strips ou intrigues secondaires). Un album, c’est plus cher… Toutes sortes de précisions utiles.

Google m’informe un peu plus : la bande dessinée a plus d’images et elles soutiennent davantage le texte tandis que celles de l’albums ne sont là que pour mettre certains aspects en lumière (source). Ok, peut-être que se poser cette question n’aura pas été une perte de temps. Après tout, je visualise mieux désormais et surtout, j’ai trouvé de plus amples renseignements.
En farfouillant, je suis tombée sur cette fiche qui a le mérite non négligeable d’être très complète et très scolaire. Et j’avoue, cela m’intéresse beaucoup. Wikipedia me confirme également : il existe des albums adultes. 

“Le Salon du livre et de la presse jeunesse comporte tous les ans une section adulte, pour les amateurs de ce type d’ouvrages.” 

Oui, c’est logique. Après tout, l’album, c’est un format. La différence avec la bande dessinée est surtout structurelle donc pourquoi ne pourrait-on pas y raconter ce que l’on veut ? Et que se passerait-il si quelqu’un écrivait un album pour adulte ? Le monde exploserait sous la puissance de ce paradoxe ? Ca n’a pas de sens. Donc oui, il en existe pour adultes mais ils sont apparemment moins nombreux. Une autre piste à creuser, tiens.
Ok, maintenant, je vois mieux, je suis un peu intriguée, il serait peut-être temps de plonger. Je n’ai pas eu le temps d’en lire beaucoup encore. J’en ai commencé un, puis un autre. J’ai essayé de me rappeler ce que j’avais lu pendant les vacances de février, quand mon neveu était là et que ses livres traînaient par terre. J’ai écumé les catalogues et livraddict. Je ne me prétends clairement pas experte car mes lacunes sont criantes mais, je tente. Voici cinq raisons d’au moins essayer de lire plus d’albums, et avec des exemples parce que pourquoi pas ?

1. Pour le dessin

Ouais, cela devrait être la première raison à me venir en tête. Après tout, j’aime le dessin, en plus de la lecture, et l’album n’est-il pas le livre qui fait la plus belle part au dessin ? (Avec la bande dessinée, évidemment). Et pour le coup, il y en a pour tous les goûts : de la peinture au numérique, du crayon de couleur au pastel… Je crois même en avoir vu au fusain mais je ne retrouve plus le titre et je sais que certains n’hésitent pas à partir sur du encore plus original. Et ça, uniquement pour la technique car, en fonction du genre de l’album, le dessin peut aller du minimaliste au très détaillé et le style du dessinateur ou de la dessinatrice joue beaucoup.

Personnellement, j’ai déjà acheté des BDs parce que j’avais un faible pour le style de l’auteur. Alors, les albums, c’est un peu pareil. Le premier que j’ai pris pour cet article, c’était “Le secret du rocher noir” de Joe Todd-Stanton et regardez un peu ce style de dessin. Regardez un peu cette attention au détail, la tête des petits poissons.
Ok, peut-être que ce n’est pas du tout votre style, aussi vais-je tenter d’étoffer un peu. Ce que je pense, en lisant cet album, c’est que c’est beau. Ca me touche, j’aime regarder, me perdre dans les détails. J’y prends du plaisir à le lire. Et peut-être que si trouviez un album avec un dessin qui vous plait vraiment, eh bien cela vous ferait le même effet.

Et encore, là je parle d’album racontant des histoires mais il y a plusieurs albums qui ont pour but d’instruire à la culture artistique, ils n’y vont pas de main mortes sur l’illustration. Par exemple, avez-vous déjà vu passer ce titre sur Frida Kahlo ?
Mon premier argument étant déjà bien assez long, je m’arrête là et vous laisse avec une sélection de styles variés, au cas où vous y trouveriez votre bonheur.

2. Pour la variété d’émotion

La première chose à laquelle j’ai pensé, quand j’ai visualisé un album, c’était une petite histoire mignonne, simple et pleines de bons sentiments. J’avais préparé mes arguments, tout bien ordonnées. Et puis je me suis rappelée d’un truc : Otto.
Quelqu’un, dans ce monde, s’est un jour dit que ce serait une bonne idée de faire un album jeunesse avec un ours en peluche pour parler de la seconde guerre mondial ! En quoi est-ce mignon ? Est-ce que personne n’a dit à ce monsieur que la guerre, ce n’était pas vraiment kid-friendly ? Apparemment non et ce monsieur, c’est Tomi Ungerer, un des très grands noms de l’album jeunesse. Le pire étant que… il n’est clairement pas le seul ! Des livres sur la guerre, on en trouve pas mal. Certains prenant le point de vue d’enfants, d’autres d’objets inanimés, parfois d’adultes… Comme par exemple ce livre-ci que j’ai présenté plus haut :
Les albums ont une sous-catégorie pour aider les tracas du quotidien. Ca va de “apprendre à aller sur le pot” à “faire le deuil d’un animal ou d’un membre de sa famille”. C’est comme ça qu’on voit de très jolis albums, à destination des ch’tits enfants, expliquant que mamie est morte et que tu ne vas plus jamais la revoir, plus jamais ♥ . Des histoires si douces et si niaises ♥ ♥ ♥

Sans compter les trucs bizarres sur lequel je suis tombée en faisant mes recherches comme cette couverture flippante avec des chiens en portraits qui. te. regardent. avec leur yeux globuleux… dans une ambiance glauque. Cette couverture hantera mes cauchemars désormais. Ou encore cet album apprécié dans lequel il y a un cadavre de fée o/* Disséqué. Pour ma plus grande joie. Avec une très belle vue sur des viscères qui se veulent réalistes (je vous en fouterais moi de la niaiserie des albums, en quoi c’est niais ça ? Rendez moi mon innocence 😭😭😭).
Hum, tout ça pour dire… L’album est avant tout un format. On peut y faire ce qu’on veut dedans. Et sans aller aussi loin dans le clivage niais/perturbant, je peux juste me rappeler d’albums de mon enfance qui avait tout pour vocation de me faire rire. Il devait aussi y en avoir qui avait vocation de faire peur aux enfants, après tout, le monstre est très présent, pareil pour la sorcière. C’est nous qui avons cessé d’avoir peur mais rien n’empêche qu’il existe peut être des albums adultes qui font peur. Il y a sûrement une infinité d’histoires et si certaines s’adressent vraiment à une tranche d’âge trop précise (comme tout ce qui est de l’ordre de la rentrée des classes ou du quotidien d’un tout-petit), il existe toute sortes d’histoires.

D’ailleurs, j’ai aussi retrouvé ceci en lisant mes recherches. C’est un livre jeu et j’ai souvenir d’avoir passé des heures sur les livres de cette collection. C’était réellement d’excellente qualité, moins compliqué que les romans dont vous êtes le héros et probablement assez accessible.

Mais j’ai également dit que je ne forcerais personne à aimer la littérature jeunesse alors il est temps de sauter à pied joint : quand est-il des albums adultes, réellement destinés aux adultes ? 

J’ai pris mon scaphandre et je suis partie explorer. Spoiler : c’est plus compliqué que ce que je ne le croyais. 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais être claire sur un point : oui, il existe des albums adultes qui sont à caractère érotique, humour obscène ou pornographique. Non, on n’en parlera pas ici. Mais sachez que ça existe. Si vous en voulez plus, google est votre ami.
DONC.

Naïvement, mon premier réflexe a été chercher sur google. Les résultats n’ont pas été très… concluant. Je n’ai pas trouvé de maisons d’éditions entièrement dédiées à la choses ou de collections qui seraient clairement cataloguées. J’ai trouvé des choses, certes ! Et je vais les détailler juste en dessous mais pas ce à quoi je m’attendais. Quand à la phrase prometteuse de wikipedia, j’ai déchanté tellement vite : les soit-disant albums primés sont en réalité… Des BDs. Comme si, vraiment, l’album et la BD était sur un même continuum. Ceci dit, le site du salon du livre et de la presse jeunesse est plutôt bien fait et regorge d’idées donc je vous conseillerais d’y jeter un coup d’oeil.

Cependant, je n’ai pas fait totalement chou blanc. Par exemple, j’ai trouvé cette interview intéressante d’un auteur qui explique une partie du problème : 

“J’ai essayé de faire des albums illustrés pour adultes – ou jeunes adultes -, mais ça n’a pas fonctionné. L’édition et la librairie ne sont pas prêtes, et les lecteurs encore moins. Soit l’éditeur refuse le projet, soit il l’accepte, mais le libraire – pas habitué à ce genre d’objet – ne sait pas vraiment quoi en faire ni où le mettre, et le lectorat ne sait pas non plus comment l’appréhender. Finalement, il vaut mieux ne pas trop faire éclater les cadres.”

Frédéric Clément, en 2012
En vrai, ça me laisse… Triste. Et un peu découragée. Comme si cette histoire était un cercle vicieux.
J’ai également trouvé un autre article, un peu vieux mais intéressant sur les différentes maisons d’éditions de l’époque. Et puis, finalement, FINALEMENT, j’ai réussi à mettre la main sur des livres destinés aux adultes. La raison pour laquelle j’ai eu autant de mal ? Je l’ai trouvé le lendemain, en continuant de rédiger l’article. Je. Suis. Furax. Mais j’y reviendrais plus tard.
En attendant, tout ceci mérite bien un petit récapitulatif. 

Quels genre d’albums existe-t-il en littérature adulte ?

Eh bien, le premier et le plus répandu, c’est la reprise de textes déjà existants. Et là on va toucher à la frontière avec un autre genre, auquel je n’avais pas songé, c’est le livre illustré. Je m’explique : ce sont des livres avec du dessin mais où le ratio texte/dessin commence doucement mais sûrement à se déséquilibrer du côté du texte. Et du coup je m’interroge, est-ce encore de l’album ? Ca va tellement varier d’un livre à l’autre, dur à dire… Aussi je détaille un petit peu.
On trouve trois types de textes dedans :
Les classiques pour enfants et contes :
Et je vous entends déjà râler parce que je n’étais pas censé parler de littératures jeunesse là, c’était le but. Oui, MAIS. Il y a des textes jeunesse qui sont tellement vieux qu’on ne voit plus que le côté classique. Pinocchio, Alice au pays des merveilles, Peter Pan… Et il y a les contes aussi, souvent repris dans leur version non adoucies. Benjamin Lacombe, par exemple, est connu pour avoir illustré pas mal sur ce thème aussi je vous laisse avec quelques une de ses images.
Les classiques pour adultes :
Et là, la décision d’appeler ça album ou “grands textes illustrés” va tellement varier d’un site à un autre. La BDM de Marne présente par exemple “Les voyages de Gulliver”, “Sherlock Holmes” ou encore “L’étrange cas du docteur Jekyll et de Mister Hyde” comme des albums pour adultes. Je pense que vous même pouvez penser à quelques uns. Ca rentre clairement dans la catégorie des belles éditions, des livres que l’on prend parce qu’il y a de beaux dessins et le plaisir esthétique est clairement là. Je veux dire, s’il n’y était pas, on se serait contenté de la version poche à trois francs six sous. Mais je ne suis pas sûre de pouvoir compter ça comme ? Je ne sais pas. Et en même temps, ne pas les mentionner m’aurait paru bizarre. Je vous laisse des images pour que vous jugiez de vous même. 
Les oeuvres plus récentes pour adultes :
Là… on est clairement sur de l’album. Le meilleur exemple que j’ai et que j’avais déjà remarqué, justement car il faisait un peu “tâche” dans le rayon, c’est “La tresse” de Laetitia Colombani et Clémence Pollet. Vous avez déjà entendu ce nom ? C’est normal, c’est un roman qui est sorti en 2017. Il est super d’ailleurs, je ferais peut-être un jour un article dessus mais là n’est pas le sujet. Récemment, une partie du livre a été adaptée en version album. C’est une autre possibilité d’adaptation.
Une autre possibilité, ce sont les livres pour enfants mais qui attirent quand même les adultes. Et là dedans, on va encore avoir pas mal de possibilités :
D’abord, il y a les livres qui sont pensés à la fois pour les enfants et pour les adultes.
Certains auteurs et autrices le revendiquent clairement et je vais vous mettre ci-dessous un extrait de la préface de l’album “Les riches heures de Jacominus Gainsborough” de Rébecca Dautremer. C’est un principe qui me fait pas mal penser à certains dessins animés où il y a le concept de niveau de lecture. Il y en a un pour les enfants et un second qui rajoute du sens à l’histoire, ce qui fait que tout le monde y trouve de l’intérêt. Et puis il y a aussi des histoires qui sont suffisamment universelles pour attirer tout le monde (les contes par exemple).
Je savais pas où le mettre mais certains albums sur la parentalité, surtout ceux racontés du point de vue du parent peuvent surement résonner chez certains.
Et enfin, un cas assez intéressant, il y a des albums qui, OFFICIELLEMENT, sont pour enfants et je pense qu’ils peuvent les lire mais qui, par leur thèmes, leurs manières d’être raconté, leur personnage principal… semblent bien plus destiné à un public adulte. D’ailleurs, même si c’est rangé en jeunesse, on assiste à des recommandations d’âge bien loin des écoles maternelles : à partir de 8 ans, de 10 ans, voire même 12… Ce n’est pas banal !
Vous pouvez en voir quelques uns ici, une fois de plus. Une correspondance entre un soldat et sa femme, un album sans mot sur les atrocités de la guerre, un vieillard qui vend ses souvenirs, une histoire d’amour et de fleurs entre deux sexagénères , le facisme de Mussolini, le communisme, un pacte avec le diable… Fuck, on est loin des thèmes habituels qui sont davantage dans la vie quotidienne ou le merveilleux ! Et encore, je me suis retenue de tout citer.
De même, en feuilletant le catalogue des éditions memo, on est frappé à se demander pour certains “qui est le public visé ?” alors que, officiellement, ce sont les enfants.
C’est assez surprenant de voir ce genre d’album rangé en jeunesse. Après, j’ai l’impression qu’il y a une prédominance des thèmes de guerre et de morts dedans. C’est peut-être faussé par ma sélection mais je trouve ça dommage.
(Parenthèse importante, je ne dis pas que la guerre ou la mort ne sont jamais abordées en littérature jeunesse, parce que c’est faux. J’ai au moins une dizaine de contre-exemple en tête. De manière directe ou détournée, il y a toujours eu des histoires à ce sujet. Mais dans ces livres-là, il y a un traitement, une manière de raconter qu’on retrouverait davantage dans de la littérature adulte).
Il y a également les OVNI, qui se désignent souvent comme tels, reçoivent souvent ce prix et demeurent un gros mystères. J’entends par là tous les albums qui, CLAIREMENT, ne sont pas adressés aux enfants mais qui, même pour un adulte, est assez perché et difficile d’accès. Wikipedia, même s’il s’est montré peu fiable, parlait d’un marché “underground” ou artistique et j’ai l’impression – mais je peux me tromper – qu’on est en plein dedans. Ce sont des ouvrages qui demandent un certain contexte pour apprécier et qui ne vont sans doute pas plaire à tout le monde. Un des meilleurs exemples que j’ai trouvé est “Le Haret québecois et autres histoires” d’Anne Boulanger qui a gagné le prix.. OVNI du Salon du livre et de la presse jeunesse. Il n’est plus trouvable depuis un moment mais je vous laisse quelques images.
Et enfin, ENFIN, il y a les albums à destinations des adultes, sans aucun doute, sans aucun classement d’âge ! Et qui sont…. Le plus souvent classés en roman graphique. Permettez, je m’en vais casser quelque chose et je reviens.
Oui, ça risque d’être compliqué à trouver si tout ceci est mélangé à d’autres livres tels que des BDs. Je savais déjà que l’appellation “roman graphique” était naze et rien d’autre que du marketing, une façon de dire “bande dessinée” sans le dire mais je ne savais pas que cela couvrait d’autres choses également. J’avoue être quelque peu énervée par ce fait mais bon…. Ceci dit, s’il y aurait une nuance qui m’échappe, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire.
Pour en revenir au plus pratique, vous trouverez davantage ici. Je vous laisse avec quelques illustrations.
Ok, j’ai enfin fini ma plongée dans les albums adultes. J’y vois un peu plus clair, une fois de plus et on pourrait passer au point suivant, après tout, cet argument est bien trop long déjà mais cela ne me plait pas de finir là dessus.
J’ai commencé cet argument en disant “[…] un album, c’était une petite histoire mignonne, simple et pleines de bons sentiments.” Et là je suis en train de terminer sur les albums adultes ? J’aurais trop l’impression de prendre un genre pour taper sur l’autre, de dire “Oui, vous en faites pas, y a pas que les histoires stupides pour enfants (qui sont eux même très stupides), y a aussi des trucs sérieux pour adultes.”
Oui, il y a une très grande diversité d’album, pour tous les goûts, tous les tons et tous les âges. Mais même les petites histoires, celles qui sont simples, qui ne racontent pas grand chose et sont emplies de niaiseries, mêmes celles-ci ont de la valeur donc terminons sur la défense de ces livres.
Une histoire n’a pas besoin d’être complexe pour être bien. Elle n’a pas besoin d’avoir des thèmes sérieux. Le sujet, même le plus petit, même le plus insignifiant, s’il est bien raconté, peut donner un bon livre. Parfois, on a juste besoin, après une dure journée, d’un peu de lecture doudou – n’est ce pas le principe de la littérature feel good ? Eh bien les albums de ce genre sont les meilleurs doudou, les meilleurs feel good qu’il puisse y avoir. Alors essayez de mettre un peu de douceur dans votre vie ♥

3. La lecture à voix haute

Je pense que vous l’attendiez celui là, non ? x’)
Je suis une grande amatrice de livre audio. J’aime beaucoup écouter quelqu’un lire – bon par contre, je suis nulle pour lire à voix haute. Et l’album est vraiment un livre conçu pour être lu à voix haute. C’est ce qui m’a vraiment marqué quand j’ai lu “Les riches heures de Jacominus Gainsborough”, c’était le rythme des phrases. J’entendais presque quelqu’un me raconter l’histoire, c’était un ton très différent d’un roman par exemple ou même d’un livre audio. J’ai l’impression, mais ce n’est peut-être qu’une impression, que, parce qu’il y a moins de phrases, celles-ci sont choisies avec plus de soin.
De plus, si vous avez l’occasion de lire à haute voix, de lire à plusieurs, c’est une expérience totalement différente que de lire seul. Certes, on peut lire des romans à haute voix mais, à moins d’en prendre un particulièrement petit, ce sera plus long et laborieux. Il n’y aura pas également l’interactivité propre qu’a l’album (et que nous allons développer juste après).
Lire un album, surtout à haute voix, surtout à plusieurs, c’est une expérience particulière et que vous avez surement oublié.

4. Les spécificités de l’album

Le saviez-vous ? Un album est rempli d’éléments que vous ne retrouverez nulle part ailleurs (ou presque) et dont on devrait davantage profiter.
Plus sérieusement, parce que les albums sont souvent destinés aux enfants, un grand nombre d’entre eux qui jouent sur l’interaction. Cela peut prendre différentes formes.
Les plus marquantes, évidemment, ce sont tout ce qui est du ressort du pop-up. C’est par ce nom qu’on désigne tout livre “dont les pages contiennent des mécanismes développant en volume ou mettant en mouvement certains de leurs éléments.” Ca va de la double page entière qui devient en 3D comme ici, avec Poudlard. Parfois, c’est seulement un élément, comme dans cette adaptation d’Alice au pays des merveilles. Mais cela implique également tout ce qui est volet à soulever, à tirer, mécanismes qui bougent et même toute la partie sensorielle où il faut toucher des surfaces.
Quand j’étais petite, j’avais un album où une petite souris trouvait un trésor. Ce dernier, qui ressemblait à une grosse pépite (?) était dans une matière un peu différente si bien qu’il brillait et on ne voyait que ça sur l’image. Et après la découverte, l’album se coupait en deux. Littéralement. Il y avait une histoire en haut et une autre en bas sur ce qui se passait si la souris prenait tel ou tel choix. C’est un exemple d’utilisation intelligente des mécanismes de l’album pour servir le récit. Par contre, ne me demandez pas le nom de l’album, je l’ai perdu depuis…

Autant dire que vous n’en croiserez pas souvent ailleurs. Cependant, l’appréciation de ces formes est assez clivante. Généralement, soit on aime et on trouve ça marrant, soit cela nous laisse totalement de marbre et dans ce cas, eh bien… L’argument ci-dessus n’a pas beaucoup de sens.
Mais il n’y a pas que le pop-up en interactivité. Avec les moyens modernes, on peut aller encore plus loin. Certains livres sont liés à une application qui vient compléter la lecture, soit en rajoutant d’autres visuels, observer le décor d’une page à 360°, jouer une animation ou même rajouter un son d’ambiance. On parle de lecture en réalité augmentée. Après, est-ce réellement bien ou juste un gadget ? Cela semble varier et j’imagine que certains peuvent apprécier et d’autres pas du tout. Personnellement, je n’ai jamais eu l’occasion d’en voir un, je ne saurais vous dire. Aussi je vous mets des liens vers une critique de deux livres, avec des procédés différents, pour que vous vous fassiez votre opinion. Il y a cette critique sur « Graou n’a pas sommeil », de Kaisa Happonen et Anne Vasko ainsi que cette autre sur “Copain ?” de Charlotte Gastaut.

Toujours dans le domaine du numérique, certains albums sont directement des applications sur tablette, se situant alors à la frontière avec le jeu vidéo narratif ou le visual novel. Là encore, l’idée est d’avoir des animations, du son, des vidéos, éventuellement un conteur… Par exemple, “Et la musique fut” est une histoire, se déroulant à la préhistoire, d’une vingtaine de pages et que l’on peut télécharger et mettre sur son écran. Il y a alors possibilité de lire soit même ou d’écouter le conteur le faire. Chaque page est illustrée et animées. Les mots compliqués sont notés en gras et on peut cliquer dessus pour avoir accès à une explication. Le but étant d’inciter les jeunes à la lecture et de favoriser l’autonomie. Là encore, à vous de juger si c’est une bonne ou une mauvaise idée et si vous, cela vous intéresse.

Cependant, vu que nous sommes sur le sujet, vous saviez que ce système d’album sur application avait permis à plusieurs albums d’être adapté et traduit en langue des signes ? 😀 Moi pas et je trouve l’initiative plutôt chouette !
Mais retournons à des moyens plus classiques et moins tape à l’oeil. Dans un album basique, sans application, ni pop-up, où va se trouver l’interaction ?
Eh bien, de part sa nature même, l’album a deux registres : le texte et le dessin. Evidemment, les deux s’inter-opèrent pour raconter l’histoire mais ils peuvent aussi raconter chacun leur(s) propres(s) histoire(s), jeu qu’on ne retrouvera pas par définition dans le roman.
Je m’explique : la plupart des albums sont conçus pour être lu à quelqu’un. De fait, on s’attend à ce qu’il y ait une personne (traditionnellement l’adulte) qui lise tandis que d’autres écoutent. Les deux niveaux de lectures se jouent alors : le conteur suit le texte, la personne qui écoute suit l’image. Il faut alors au second suffisamment d’éléments pour comprendre l’histoire mais aussi des supplémentaires pour capter son attention. Cela va se traduire par des détails dans le fond, des personnages à retrouver, des indices sur la suite, des détails incongrus, et cette “seconde histoire”, non explicitée par la narration.
Mais même si vous lisez seul, observer l’image à la recherche de tout ceci, prendre son temps, peut être quelque chose d’intéressant.

Après, je ne dis pas que tous les albums ont tout ce que j’ai cité. Cela dépendra pas mal de l’âge, du sujet, du ton…. Mais j’ai essayé de lister ce qu’on trouve le plus souvent.
Enfin, quelque chose qui est plus dans la spécificité que dans l’interactivité… Il y a des albums qui sont “sans paroles”, c’est-à-dire qu’ils n’ont aucun texte et c’est à vous de reconstituer l’histoire, à partir de ce que vous voyez, ce que vous imaginez, les détails glanés… On trouve également des BDs sans paroles ! Un bel exemple est “Un océan d’amour” de Grégory Panaccione et Wilfrid Lupano. Mais la bande dessinée est plus guidée, vu qu’on a davantage de cases donc je trouve cela un peu différent.
Personnellement, c’est un genre que j’aime beaucoup. C’est typiquement le type de livres qui seront qualifiés de “poétique” ou “d’onirique” et ça peut faire fuir certains, car ces mots peuvent dire tout et n’importe quoi. Mais pourquoi ne pas tenter ?

Il y a des gens qui n’aiment pas les dessins dans un livre pour ne pas concurrencer l’image qu’ils se faisaient de l’histoire, grâce à la narration. Peut-être bien que ces livres sans paroles sont à l’extrême opposé : il n’y a pas de texte qui viendrait concurrencer l’histoire que vous vous racontez.

5. Souvenir d’enfance

Est-ce que vous avez déjà relu des livres que vous aviez connu enfant ? Je ne parle pas (encore) d’albums mais des romans, qu’ils aient été jeunesse ou non. Ceux qui vous ont marqués, sur lesquels vous avez appris à lire ou au contraire que vous aviez oublié. Si oui, vous comprenez sûrement de quoi je parle. Si non, vous devriez tenter, au moins une fois.
Il est très probable que le souvenir que vous en aviez sera différent de ce que vous lirez. Entre les détails que vous aviez oublié, les passages que vous vous rappelez par coeur, les points qui vous étaient totalement passés par dessus la tête, les mystères qui font enfin sens, parfois même la seconde lecture qui vous apparaît… C’est une expérience assez enrichissante qui permet d’avoir un nouveau regard sur une oeuvre.
Eh bien pour les albums, c’est pareil. Relisez les vieux albums que vous aviez, enfant. Bon, je vous conseillerais aussi de lire les nouveaux mais ce n’est pas pareil. Ceux qu’on vous a lu des dizaines de fois, ceux que vous connaissiez par coeur, ceux qui vous sautent en tête quand on vous parle d’album, relisez les. Si il y a quelque chose qui vous a plus dedans autrefois, peut être qu’il sera encore présent. Et s’il ne l’est pas, eh bien vous aurez au moins eu une bonne dose de nostalgie.
(Le niveau au dessus, que je conseillerais, ce serait d’analyser, de se questionner. Comment l’histoire est construire, qu’est-ce qui vous plaisait dedans avant ? Voire même, est-ce que vous comprenez autrement certaines scènes, de votre point de vue d’adulte ? Mais c’est juste une suggestion).

Et voilà, c’est fini pour cet article, bien trop long !
J’espère que cela vous a plu, qu’il vous a donné à réfléchir ou fait découvrir des choses.

Je serais très intéressée d’avoir vos retours. Par exemple, si vous n’aimez pas du tout les albums, pourriez-vous dire pourquoi, vos raisons, tout ça, ce serait intéressant. Ou au contraire, si vous en lisez, si vous auriez des recommandations, des avis… De plus, j’ai tenté de faire de mon mieux pour l’article mais s’il y a des informations inexactes ou manquantes, n’hésitez pas à compléter !

Sur ce, je vous dis à vendredi prochain pour un billet lecture.

Wicca

Encore un livre de mon bingo, vous risquez d’en manger plusieurs ces temps-ci. Contre toute attente, je n’ai pas commencé par ce dernier et j’ai même mis un peu de temps à le lire vu qu’on était déjà en mars quand je l’ai enfin fait et que ma PAL était bien entamée.

De base, je partais avec des a priori plutôt positifs : c’est une maison d’édition que j’aime beaucoup, les retours dessus étaient plutôt bons et ce que j’avais lu sur ses intentions m’intriguait. Je m’attendais donc à un petit roman jeunesse feel-good, dans la lignée de « Viser la lune ».
Qu’en ai-je pensé finalement ? Voyons cela de suite !

Wicca

Autrice : Marie Alhinho

Date de publication : 2019

Nombre de page : 214

Résumé : Dans la campagne perdue du Berry, où vivent encore les créatures d’antan, les Sorcelage sont loin d’être une famille ordinaire ! Avril et Octobre, comme leurs ancêtres avant eux, pratiquent en secret la Wicca, une forme de sorcellerie naturelle et bienveillante. Lorsque le cercle de pierres magiques qui protège la région est brisé, ils doivent compter sur leur meilleure amie Nour et le feu follet H pour empêcher d’anciens démons de resurgir.

Mon avis :

Première bonne surprise de ce livre : ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais.

Je pensais que ce serait avant tout un petit roman feel good, surtout tranche de vie et avec un soupçon de magie pour faire thématique. Je me suis retrouvée avec un bon roman fantastique jeunesse. Il y a de vrais enjeux, une aventure, plusieurs fois du danger. On reste certes dans de la littérature pour enfant, avec ce que cela implique sur ce qu’on peut ou non montrer mais cela demeure d’excellente facture.

Ce qui m’avait mis sur cette piste, outre la maison d’édition, c’était les propos de l’autrice qui disait avoir écrit un livre qu’elle aurait voulu lire quand elle était jeune. C’était un point qui revenait souvent dans les critiques également : le message. Je ne sais pas si on peut parler de morale à ce sujet, donc je vais employer plus ce terme. Clairement, il y est. Sans vouloir entrer dans les détails pour ne pas spoiler, plusieurs créatures y font référence et la résolution de fin est dans cette optique. Mais là où je pensais que ce serait du tranche de vie feel-good qui aurait juste un peu de magie pour mettre de l’ambiance, je me suis rendu compte que c’était l’inverse. C’est un roman jeunesse fantastique qui utilise le feel-good pour donner vie à son univers.

J’espère que ce que je raconte est compréhensible, ah ah. Mais ça me semblait important de commencer par ce point.
A part cela, un autre point que j’ai adoré c’est… LE BESTIAIRE ! J’étais aux anges devant le choix des créatures. Dans un roman fantastique de ce genre, c’est un point important pour la crédibilité et la richesse du background. Au début, on a du classique : des esprits, des fantômes, des feux-follets, des sorcières… Mention spéciale à la maison, tout de même, qui est vivante et est une très bonne façon de commencer le récit. Et ensuite, on a eu droit à plus ! Il y a quelques créatures qui sont inventées et qui sont très bien construites. Et puis, il y a celles qui m’ont fait bondir de plaisir : il y a des lavandières de nuit !

C’est tellement rare de les voir. Je les ai directement reconnues et j’étais tellement contente. En plus, leur passage est bien effrayant comme il se le doit. D’ailleurs, je pense qu’une partie des gens qui me lisent ne comprennent absolument pas de quoi je parle. Tant mieux ! N’allez pas voir Google, mais lisez plutôt le livre.
En résumé : un excellent point pour moi.
Point suivant, et un peu abordé dans le précédent, il y a plusieurs passages avec un bon suspense, bien géré. Pas partout malheureusement et Chouette y reviendra plus tard. Pourtant, à plusieurs moments, l’autrice montre qu’elle sait bien gérer son rythme, nous faire flipper ou créer des crescendo. L’exemple le plus parlant, c’est évidemment la fin qui a une belle montée, mais pas que. C’est juste dommage que tout le roman ne puisse pas suivre cette idée. .
Les personnages, parlons-en un peu. Dans ce genre de récit, ils sont assez importants, car c’est en grande partie sur eux que repose l’histoire. Nous avons un trio de tête : Avril et Octobre, qui sont frères et sœurs, ainsi que Nour leur amie. Si Avril est clairement le personnage principal, celle dont on est le plus dans ses pensées, Octobre la seconde de près. Ils sont assez bien caractérisés et assez plaisants à voir. J’ai bien aimé que la tête brûlée soit la fille et l’empathique le garçon d’ailleurs, mais je suspecte que cela soit fait exprès. De plus, on ne tombe pas dans les caricatures — en tout cas pour ces trois-là. On a clairement l’impression de voir des préados et ils sont plutôt crédibles sans en faire trop. Nour est clairement en retrait, mais ça vient plus de son rôle de personne externe à l’histoire. Je pense que, si suite il y a, elle prendra un rôle plus important.

La plupart des personnages secondaires sont plus que corrects. Certains ont une bonne présence comme le feu follet H ou la tante, d’autres ont des tics qui les rendent marquants, comme le fantôme de l’oncle avec son parler très particuliers. Les personnages puissants dégagent de la crainte, les antagonistes de la menace. De manière générale, on a une galerie de personnage haut en couleur.
J’ai beaucoup apprécié que la fin soit ouverte, car on sent qu’une suite est possible et je la lirais avec plaisir. Si ce n’était clairement pas parfait, c’était plus que plaisant et cela me donne envie de voir ce que ça donnera après. .
Enfin, dernier point, j’ai un faible pour le dessin. Le livre a été illustré par Diglee qui est, de base, une illustratrice que j’aime beaucoup. À l’intérieur, on trouve de petits dessins sur les côtés pour décorer. Les titres des chapitres sont stylisés. Le livre est découpé en plusieurs parties et chaque changement est fait par un dessin et un encadré avec des informations, par exemple sur les feux-follets. C’est le genre de chose qu’on ne trouve qu’en jeunesse (malheureusement), mais qui rend la lecture très agréable.
En conclusion : un bon roman jeunesse, avec un sous-texte feel-good, un bestiaire de qualité, un trio bien campé, des personnages hauts en couleurs, une fin ouverte qui appelle à une suite ainsi que de beaux dessins de Diglee.

Ok, mais rentrons dans le vif du sujet, le fâcheux. C’est un livre jeunesse, avec ses qualités et ses défauts.

Et qu’on se mette bien d’accord : j’ADORE la jeunesse, le souci n’est pas là. C’est quelque chose que je consomme souvent, même si je lorgne plus du côté adolescent/jeune adulte. Wicca est adressé avant tout aux 10/12 ans, je dirais. Fin de primaire, début collège. Ça a un rôle sur le registre de langage et ce qu’on peut se permettre de dire ou de montrer. Il faut aussi noter qu’on est dans du fantastique, pas de l’horreur donc les enjeux ne seront pas les mêmes. C’est clairement à prendre en compte à la lecture.

Toutefois, ce n’est pas une raison pour attendre moins. Ce n’est pas parce que le public visé est jeune que l’on peut se permettre d’être moins exigeant ou de donner de la mauvaise qualité, et ce n’est pas une histoire de complexité ou non. Les histoires pour très jeunes enfants sont très simples et pourtant, même elles, devraient avoir un niveau de qualité. On peut très bien écrire du très bon avec du très simple. L’idée « Ce sont des enfants, ils sont cons donc on va mettre le minimum syndical » elle n’est pas pour moi justifiable, pas plus qu’excuser les défauts par « c’est pour les enfants ».

Bon, après, je vous rassure, Wicca ne souffre pas de ça. C’était avant tout un disclaimer pour bien préciser mon état d’esprit. Sérieusement, si le livre avait été mauvais, vous auriez entendu mon sel bien avant x’D.
Mais ceci étant bien clair, on va tailler dans le vif.
Il y a un gros, gros, GROS problème avec le tell et le show. Le livre passe son temps à nous expliquer les choses au lieu de nous les raconter et ça casse le récit. Il y a des détails importants qu’on apprend juste avant qu’ils ne servent. Et quand je dis « juste avant », ça va de « deux, trois pages avant » à « quelques lignes avant » et ce, avec la subtilité d’un éléphant.

Et c’est d’autant plus frustrant qu’à côté de cela, il y a des passages entiers où tout va bien, des moments où le rythme est parfait, un final qui est vraiment bien. Ce n’est pas que l’autrice soit incapable de le gérer, elle montre plusieurs fois qu’elle le peut. C’est juste qu’on alterne entre un extrême et un autre et c’est frustrant, car on ne peut s’empêcher de dire « Si tout le livre avait été comme ça, c’aurait été parfait ».

En plus, il y a même un magnifique leurre dans lequel j’ai mordu à pleine dent, qui détournait du véritable indice et c’était tellement satisfaisant de voir cette résolution et d’avoir un « ooooh O.O C’était donc ça » lors du final.
Je vais donner un exemple concret de ce trop-plein de tell et pas assez de show. Ca va me permettre d’embrayer sur un autre souci par la même. Durant la fête d’Halloween, on apprend, subitement, que l’un de leurs amis a eu un changement de comportement brusque. Ce n’est pas montré, ce n’est pas sous-entendu ou mis en scène par un exemple, une péripétie ou autre. Non, c’est juste dit dans la narration, comme ça. Et évidemment, ça aura un rôle important plus tard. En même temps, c’était un peu normal, car comment aurait-on pu comprendre autrement ? Ce personnage n’a aucune personnalité ! Autant le trio est super et la moitié des persos secondaires sont bien caractérisés, autant l’autre moitié n’existe pas. Ce sont à peine des figurants et encore. Ce qui est un peu compliqué quand on veut faire croire à un groupe d’amis par exemple… Je croyais au trio, je croyais à la relation fraternelle ou celle entre Avril et Nour. Mais les deux autres amis, je n’y croyais absolument pas. Comment suis-je censé être impliqué dans son sort par la suite ?!
Et de manière générale, c’est parfois trop rapide. Par exemple, il y a une scène de dispute, qui était pourtant importante, qui se règle bien trop vite. Je trouve que le livre n’aurait rien perdu à ralentir un peu par moment et rajouter des pages, développer davantage, amener certains détails bien plus tôt… Quitte à peut-être écrire un peu moins gros si c’était un problème de pages maximum.

En vrai, la raison à tout ce que je viens de citer, je pense la deviner sans problème. Si c’est bien un premier tome, alors l’autrice est en train de poser le background et elle n’a pas réussi à tout développer. On est encore trop dans de l’exposition. C’est pour ça que clairement, s’il y a un deuxième tome, je l’achèterai sans même y songer deux fois et j’espère que ce problème sera résolu.
En conclusion : trop de tell, pas assez de show, la moitié des personnages qui tombent à plat et un sentiment que c’est incomplet.
En résumé ? C’est un bon roman jeunesse de fantastique, une bonne surprise avec un trio attachant, de bons moments, un bestiaire digne de ce nom et des illustrations superbes. Mais c’est entaché par des soucis de narrations et de personnages sans compter une impression que le livre n’est pas fini, ce qui l’empêcher d’être parfait et gêne à plusieurs moments.
Avis définitif : Qu’on soit bien d’accord, j’ai beau avoir détaillé en long et en large mon soucis avec Chouette, je ne déteste pas ce livre. Au contraire, il FAUT que vous lisiez ce roman. Il est vraiment bien, il vaut vraiment le détour et je le recommande avec insistance. C’est justement parce que je l’ai aimé et que j’aurais voulu qu’il soit encore meilleur que je me montre exigeante.

D’ailleurs, je ne le dis pas (et je devrais sans doute) mais si vous l’avez lu et que vous en avez un autre, n’hésitez pas à le dire en commentaire. Je serais ravie et intéressée d’avoir des avis contraires 😀
Sur ce, merci de m’avoir lue ! Et je vous dis à la semaine prochaine pour une nouvelle critique 😀

Laisse moi entrer

Crédit image : Let The Right One In - Jason Edmiston

Let The Right One In – Jason Edmiston

Un jour, j’arriverais à faire mes chroniques à l’heure, promis….

Bonjour tout le monde ! Nous revoilà avec encore un livre du bingo. Navrée pour ce manque de diversité x’)

Si vous vous souvenez bien, je l’avais présenté comme une lecture que je n’arrêtais pas de repousser. Un livre qui me faisait envie mais que je n’arrivais pas à commencer. Aussi, forte de ma détermination, je l’ai entamé en premier… Et fort heureusement car j’ai mis du temps avant de le finir.

Est-ce que ça en valait le coup ? C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Laisse moi entrer

Auteur : John Ajvide Lindqvist

Date de publication : 2009

Nombre de page : 608

Résumé : » – Oskar… Cela provenait de la fenêtre. Il ouvrit les yeux et regarda dans cette direction. Il vit les contours d’un petit visage de l’autre côté de la vitre. Il écarta ses couvertures mais avant qu’il ait eu le temps de sortir de son lit, Eli murmura : – Attends. Reste dans ton lit. Est-ce que je peux entrer ? Oskar chuchota : – Oui. – Dis que je peux entrer. – Tu peux entrer. «


Oskar a 12 ans, il vit seul avec sa mère au coeur d’une banlieue glacée de Stockholm. Il est martyrisé par trois adolescents de son collège. Eli emménagé un soir dans l’appartement voisin. Un homme l’accompagnait. Elle sort le soir, semble ne craindre ni le froid ni la neige et exhale une odeur douceâtre et indéfinissable. Une magnifique et sanglante histoire d’amour et d’amitié entre deux êtres désespérément seuls et différents.

Mon avis :

AH. Ah ouais… Je… Oh, ça va être compliquée cette histoire.

Exceptionnellement, je commence avec Chouette pour cette chronique parce que je dois commencer par certains points. Sérieusement.

Ce livre est glauque, genre, vraiment, vraiment glauque. Et c’est peut-être bizarre de commencer par ce point, car, après tout, Chouette, évidemment que cela allait être glauque ? N’as-tu donc pas vu le thème ? Lu le résumé ? Et en soit, ce sont de bonnes remarques et j’en suis quelque peu mitigée de devoir aborder ce point. Quoique, le résumé de Milady était tellement… à côté de la plaque que j’ai pitié des gens qui l’ont commencé sans savoir. Parce que, même moi qui connaissait les grandes lignes, j’ai été prise de court. Clairement, j’avais sous-estimé le niveau et je dois donc prévenir.

Il y a de gros TW. Notamment, sur la pédophilie avec tout ce que ça implique. Sans compter des scènes violentes assez décrites. Si cela vous met mal à l’aise, n’allez pas lire ce livre.

On m’avait vendu Oskar, le personnage principal, comme un garçon martyrisé, ayant des problèmes avec ses parents et qui ferait la rencontre d’une enfant vampire. Et, euh… Alors, le vampire, aucun souci avec. Les soucis avec ses parents, plutôt crédible sans tomber dans le pathos. Les brimades… Oui, elles y sont, mais on n’est pas dans de petites disputes entre enfants. Ici, on a des actes de sadisme, d’humiliation, qui n’arrêtent pas d’escalader si bien que, passé un certain cap, elles sont vraiment effrayantes.
Par contre, ce que le résumé ne précise pas, c’est son obsession pour les tueurs en série ou qu’il rêve de tuer ses camarades de classe. Ouaiiiiis… Je ne dis pas que le personnage est antipathique, au contraire. Même s’il est, à l’image de ce roman, glauque par moment, on a quand même beaucoup d’empathie pour lui et il est clair qu’il est surtout perturbé. Mais quand on nous vend un agneau blanc en résumé, un pauvre enfant martyrisé comme on en voit souvent dans ce genre d’histoire… Eh bien, je vous avoue que lire la scène où il taille un arbre au couteau à cran en rêvant que ça soit le ventre de son harceleur… C’est particulier, dirons-nous.

L’autre point, c’est le « père » d’Eli. Je savais, car j’avais des bases de l’histoire, qu’il y avait une relation malsaine entre ces deux-là et des soupçons de pédophilie. Je pensais, naïve que j’étais, que cela ne serait jamais explicitement dit, mais qu’il y aurait une sorte de non-dit.
LOL
Il y a des passages entiers qui sont dans la tête de ce personnage et ce n’est absolument pas sous-entendu. Commencer le roman et se prendre deux scènes détaillées de pédophilie avant d’atteindre la page 50… AH OUAIS. Ses motivations sont extrêmement claires. J’étais très mal à l’aise à chaque fois qu’on était de son point de vue. Puis, alors que j’arrivais vers le début de la fin (fin du milieu ?), je me suis fait la réflexion qu’au final, on en avait plus vue depuis longtemps, que c’était peut-être pour caractériser le personnage et que désormais, cela serait plus calme de ce côté.
LOL (bis)
Juste à ce moment-là, il y a eu une scène de viol. Je crois que le pédophile m’a fait bien plus peur que tous les meurtres par les vampires. C’était terrifiant. Il y avait des passages entiers où je ne savais plus pourquoi je lisais ce livre et où je me sentais sale, mais j’avais envie de connaître la suite. Ce fut une expérience un peu… étrange.
Un autre point, moins étrange heureusement, qui m’a dérangé, c’est le nombre de personnages. Comme je l’ai déjà dit plus haut, c’est un livre chorale où on est, au fur et à mesure, dans la tête des personnages, parfois plusieurs par chapitre. Un peu comme dans Le trône de fer, si vous voulez. De fait, on suit beaucoup de protagonistes et clairement, je me suis perdue dedans au début, entre les différents noms. Je me demandais également ce que cela apportait, certains me semblaient tellement superflus et j’étais étonnée qu’au final, on ait toute une partie où on ne parle quasiment pas ni d’Eli, ni d’Oskar, c’était un peu comme si on leur volait leur histoire. Vers la fin, cependant, j’ai compris. L’auteur était en train de placer ses pions et une fois que tout était bien aligné, l’action est devenu limpide. Même si je me demande encore l’intérêt de certain, c’était bien plus clair. L’ennui, c’est qu’avant cela, on a eu tout le début où c’était flou et où les personnages s’empilaient les uns sur les autres. Je ne sais pas comment mais je pense que cela aurait pu être mieux géré.
Le dernier point, c’est plus du chipotage mais j’ai trouvé que le livre était écrit petit, ce qui rendait la lecture assez laborieuse. Si on ajoute à cela le style pas toujours très fluide, les personnages trop nombreux et le côté glauque, il y avait des passages où je devais vraiment me forcer pour continuer. Pas la meilleure expérience de lecture que j’ai eu, quoi.
En résumé : une ambiance trop glauque pour moi, un début trop confus avec trop de personnages et un livre écrit trop petit.

Ceci dit, ne vous méprenez pas ! Je n’ai pas détesté ce livre. Bon, je ne suis pas certaine que je l’ai aimé tant il m’a mis mal à l’aise et tant la lecture a parfois été laborieuse. MAIS ! J’en ai noté beaucoup de bons points et je ne regrette pas du tout de l’avoir lu. Voilà ce que j’ai apprécié dedans :

J’ai ENFIN eu une bonne histoire de vampire, avec des enfants, qui ne soit pas de la littérature jeunesse où on efface la notion de vampire au strict minimum. Pas que je ne n’aime soudainement plus la littérature jeunesse – ça reste mon type démographique littéraire préféré – mais, clairement…. Je ne le trouve pas très développé sur ce sujet. Il doit bien y avoir des chairs de poule sur les vampires mais ils sont généralement adultes. Quand on met en scène un enfant-vampire, ce n’est pas pour de l’horrifique mais plus une sorte de folklore, généralement en lien avec halloween ou Dracula et il s’agit réellement d’un enfant normal qui aurait juste des pouvoirs de vampire en plus – et pas trop poussé, tout de même, il ne s’agirait pas de faire peur. Rien n’est exploité derrière. Quand à la littérature adulte, eh bien, bizarrement, ils mettent en scène des vampires adultes. Il y a bien Claudia de Entretien avec un vampire qui a été ma première entrée à la matière et que j’adore mais sinon, c’est assez vide. Si vous avez des recommandation d’ailleurs, je suis preneuse.

Ici, non. Si vous me permettez de me répéter, on a enfin une BONNE histoire de vampires, avec des enfants. Ca fait peur, ca prend aux tripes, rien n’est épargné.
Le côté vampire est très bien mis en scène avec reprise de plusieurs aspects de manière cohérente. Le titre, par exemple, est une référence au fait que, dans certaines croyances, le vampire ne peut pas entrer dans une maison si on ne l’a pas autorisé. C’est un point important du livre et l’auteur prend soin de détailler ce qui se passe si le vampire tente quand même d’entrer. En fait, l’auteur prend vraiment le soin de détailler les conséquences et on a plusieurs scènes de description qui font assez froid dans le dos. Tout le monde a peur du vampire, que cela soit les humains ou les infectés, ce qui est assez bien vu. Il y a plusieurs fois la comparaison avec un cancer. On a également l’idée que le vampirisme aurait sa volonté propre, sur lequel même les vampires n’aurait aucun contrôle et cela donne une scène d’agression qui était bien flippante.
Le côté enfant/enfant-vampire est de même qualité. En gros, dans ce genre d’histoire, il y a deux solutions : ou bien il peut grandir mentalement mais pas physiquement (typiquement, Claudia) et l’on a un adulte centenaire coincé dans un corps d’enfant et on joue cette carte ; ou bien il ne peut grandir ni mentalement, ni physiquement et on a donc une ambiguïté avec un enfant à la fois vieux et immature, incapable de changer. Le livre choisit la deuxième option, ce qui n’est peut être pas plus mal vu l’histoire d’amour/amitié/relation étrange qui se lit entre les deux. Ca n’atténue pas le côté vampire car, comme dit plus tôt, les enfants, même humains, peuvent se montrer assez violents. Et je trouve que l’auteur a su jouer avec assez efficacement, en montrant aussi le côté “incapable de s’occuper d’elle même” et la dépendance que cela entraînait, ce qui attire les gens douteux. Pourtant, elle reste dangereuse. Je ne saurais pas comment expliquer – à ma plus grande frustration– mais la fan d’enfant vampire que je suis a été largement comblée.
Il y a deux “”plot twist”” dans cette histoire. La première tient plus de la révélation par Oskar alors que le lecteur l’a compris depuis des plombes : c’est le fait qu’Eli est une vampire. Du coup, je me demande si on peut réellement parler de plot twist à ce niveau. Tout le monde sait et on attend juste patiemment la grande scène.
Et puis il y a cet autre autre plot twist. Qui pour le coup, en est vraiment un et que je n’ai PAS DU TOUT vu venir. Bon, en vrai, je me suis faite spoilé en allant voir des avis sur livraddict vers le milieu de ma lecture – mauvaise idée. Et il est aussi vrai que je tombe facilement dans le panneau. Mais là… J’en suis restée sur le cul. Et pourtant, cela faisait tellement sens et cela rajoutait au glauque de l’histoire. C’est vraiment un bon point pour moi.
Cela va être compliqué à expliquer vu que je ne peux rien spoiler mais. La fin. Clairement.
Je ne savais pas du tout dans quelle direction partait l’histoire, je n’étais pas certaine de comment cela allait finir. Et puis, en ce début de dernier acte (ou un peu avant peut-être ?), toutes les pièces se sont placées au bon endroit. Notamment les personnages, comme je l’ai dit plus tôt. C’était comme si tout ce qui s’était passé avant et dont on ne comprenait pas forcément l’utilité, en avait finalement trouvé une. Alors, il n’y avait plus qu’à regarder cette machine bien huilé faire son travail et je n’ai plus pu lâcher le livre.
Et je me suis laissée surprendre par la fin. Je ne m’attendais pas être aussi touchée. Pour un livre tellement glauque, c’était… surprenant. Logique mais inattendu.
De fait, et c’est lié, il y a des moments où le rythme est vraiment bien. Des passages entiers qui te coupent le souffle tellement le suspens est insoutenable et d’autres qui sont véritablement horrifiant.
Et quitte à enfoncer des portes ouvertes, avec tout ce que je viens de dire, vous vous doutez bien que l’ambiance de ce roman est top. Glauque, glaçante, avec des moments de répits et beaucoup d’horreur. C’est vraiment très réussi sur ce point là.
Et je m’arrête là pour le positif.
En résumé ?
Un livre bien trop glauque pour moi, qui m’était assez confus à la base mais qui a de nombreuses qualité comme le fait que ce soit une BONNE histoire d’enfant vampire ou son ambiance aux petits oignons qui ne m’a pas laissé indifférente – sans compter la fin et un certain plot twist.
Est ce que j’ai aimé ? Je ne saurais toujours pas le dire QoQ
Avis définitif :
Si vous aimez les romans d’horreur, le glauque ou les vampires, foncez, je pense que vous trouverez votre bonheur dedans.
Si au contraire, cela vous met mal à l’aise, ce n’est peut-être pas la meilleure des idées.
Et je rappelle tout de même qu’il y a des TW sur la pédophilie, la violence, le gore et les agressions sexuelles. Prenez soin de vous.
Sur ce, merci de m’avoir lu ! Et je vous dis à la semaine prochaine pour une nouvelle critique 😀

Au bonheur des dames

Alors, que dire ? J’avais déjà présenté ce livre dans mon article sur le bingo saisonnier des tamias. Ce n’est pas une grande surprise de le trouver ici, donc. Comme je l’avais dit, je n’ai pas étudié Zola au lycée. Tout ce que j’en connaissais, c’était le dégoût de mon frère pour Germinal et les blagues littéraires sur son style. Pas grand chose donc, aucun à priori particulier. Mais il se trouve qu’un de mes amis, une loutre très peu loquace, adore Zola. C’est son auteur préféré et il a donc mis une case “Zola” dans le bingo. Vu que je n’y connaissais rien, je lui ai demandé de l’aide et c’est ce dernier qu’il m’a conseillé. Donc, même si je ne savais pas du tout dans quoi je m’engageais, j’avais confiance en lui. 

Par contre, ça me tue parce que je me souvenais vaguement avoir vu des résumés de ce livre et rien de ce que je me rappelais ne correspond à la vraie histoire.

Au bonheur des dames

Auteur : Emile Zola

Date de publication : 1883

Nombre de page : 544

Heures d’écoute : 15 h 41

Résumé : Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s’amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu’une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d’enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d’elle le symbole du modernisme et des crises qu’il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

Mon avis :

Alors, verdict ? Eh bien, j’ai beaucoup aimé ! Non, ne te cache pas dans ton terrier, petit lapin. Je vais t’expliquer pourquoi.

D’abord, je vais aborder un point quelque peu… double tranchant ? De fait, j’inaugure une nouvelle catégorie.

Quand je demande aux gens qui n’aiment pas Zola ce qui les repousse, la réponse qui revient le plus est son style. Zola écrit avec un point de vue omniscient poussé à l’extrême. Toutefois, cela ne me choquait pas plus que cela… Je sortais à peine de ma lecture de “Ca” de Stephen King qui a la même manie et ça ne m’avait pas dérangé. Au contraire, je trouvais que cela favorisait l’immersion dans le récit. Ceci dit, je me dois d’être honnête, cela a marché surtout car j’ai lu les deux en audio. Je sais qu’en version papier, cela n’aurait pas été la même. 

Je vais tout de même détaillé un chouïa et continuer ma comparaison avec “ça”, navrée si certains trouve cela de mauvais goût >//<.

Les deux oeuvres portent une très grande attention aux détails : il y a de très longues et de très grandes description de manière régulière. Si dans “Ca”, cela sert surtout pour donner dans du rythme ou de la symbolique, dans le Bonheur des dames, cela sert un but très simple : faire vivre le magasin.

Parce que oui, tous les personnages sont subjugué par lui, c’est l’enjeu central du roman, on lui prête presque une aura surnaturelle… Donc il faut qu’on y croie ! Il faut que le lecteur lui-même en soit charmé. De fait, il y a la tonne de description sur ses vitrines, sur sa taille, sur ses rayons, sur son système économique, sur son prestige, sur ses produits également ! Même si tu ne comprends absolument pas de quoi on te parle – probablement que les lecteurs de l’époque pouvait se le représenter, moi pas du tout. On t’envoie tellement de paillettes dans les yeux, de noms, de mélioratifs, de tout… que tu en restes muet d’admiration. “Ooooooh…. Jépacompri mais ça a l’air luxueux ?”.
Le deuxième point de cette narration omnisciente et qui m’a vraiment fait penser à “Ça” c’est que le moindre figurant, la moindre personne qui rentre dans le cadre de l’histoire, a droit à un background détaillé sur plusieurs lignes. Imaginez. Une dame entre dans le magasin. Des multitudes de questions ne se posent PAS dans votre tête : qui est-elle, d’où vient-elle, quel a été son parcours jusqu’ici, est-elle marié ou a-t-elle des amants ? Toutes ces informations vous seront livrés dès sa première apparition, et ce, même si ce sera sa SEULE apparition. 
Dans “Ca”, cela servait à donner une impression que tout était lié et renforcer l’aspect “village” (même s’il s’agit d’une ville, techniquement). En effet, si le moindre figurant que l’on croise se révèle être le cousin par alliance de Machin qui est lui même le fils de Bidule qui a [insérez ici un lien avec un évènement produit], eh bien on a le sentiment en permanence d’être dans une toile, qu’il n’y ait personne qui n’ait pas trempé de près ou de loin dans ses histoires. Cela participe à l’ambiance.
C’est pour cela que Zola l’utilise pour donner une impression diamétralement opposé. Il ne veut pas donner l’impression que les gens soient liés, au contraire. Les personnes qui entrent dans ce magasins n’ont rien à voir les unes avec les autres. Il en vient des quatre coins de la France, tous par des chemins différents. On y voit des riches, des pauvres, des hommes, des femmes, des nobles, des bourgeois, des vendeuses aux positions hybrides, des parisiens de souche ou encore d’autres nouveaux-arrivés, des “de passage”, des dépensières, des économes, des frivoles, des sérieuses, des mariés, des veuves, des célibataires, des filles qui prennent un (ou plusieurs) amant(s) et d’autres qui s’y refusent, des hommes qui draguent et d’autres qui se méfient, des mondaines, des discrètes, des idéalistes, des pessimistes, des vendeurs, des commerçants, des concurrents et tellement de clientes. Un bien joli monde qui essaye de brasser toutes les catégories de la population et de donner une idée de qui pouvait côtoyer ce genre de grand magasin — et les problèmes que cela a engendré.

Ouais et bien parlons-en justement. C’est bien beau de présenter chaque personnage que l’on croise mais c’est assez mêlant. Comment savoir qui est important et qui ne l’est pas ? Au début de l’histoire, j’avoue que je me perdais constamment dans les noms, à essayer de me rappeler qui était qui. Les vendeuses, cela allait encore car elles avaient toute un caractère très tranché et il n’y en avait pas beaucoup. Mais les vendeurs alors… j’étais paumée en permanence. Pareil pour les clientes. Et parfois, je me demandais ce que cela apportait à l’histoire.

Paradoxalement, il y a UNE cliente dont on ne sait et dont les vendeurs s’inventent des histoires à chaque fois qu’il la voit. Peut-être qu’elle a un enfant ? Peut-être est-elle veuve car elle est en deuil ? Oh tiens, cette fois-ci, elle semble heureuse. Un vrai mystère tout au long du bouquin qui ne sera jamais résolu. Alors que moi, je voulais savoir ! Cette absence de réponse me frustre ! On dirait une fin non achevée et j’y reviendrais sur la fin.
De plus, et je l’ai déjà dit, si j’ai aimé ce style, je ne suis pas dupe. C’est uniquement à cause du format : cela passe beaucoup mieux en audiobook. On se laisse raconter par quelqu’un qui nous vend du rêve. Je comprends aisément que certains aient beaucoup de mal avec, surtout en version papier. Je ne suis pas certaine que j’aurais eu le même avis si je l’avais lu de cette manière.
(Quoi que, si vous me permettez cette digression, je me demande. J’aime Balzac ♥ et il y avait aussi ces descriptions et ces personnages mais je n’ai pas le souvenir qu’il y en ait eu autant).
Mais de fait, si vous n’arrivez pas du tout à accrocher au style, la lecture risque de devenir un calvaire et c’est quand même assez embêtant.

Voilà pourquoi je classe le style comme un élément à double tranchant.

Mais passons au points positifs, tout de même 🙂

La versio audiobook est très bien ! Je n’ai pas arrêté d’y faire mention donc autant commencer par ceci. J’ai lu la version par Evelyne Lecucq et elle était de très bonne qualité. Une petite recherche google m’a appris que c’est une comédienne, avec de l’expérience dans le drame radiophonique (ooooh), le théâtre et la marionnette, entre autre. Une personne d’expérience, en somme. Elle a une voix agréable, posée et qui instaure assez vite l’ambiance. Niveau personnage, même si j’ai déjà entendu mieux et plus marqué, elle se débrouille plutôt bien et fait bien ressortir les émotions des dialogues. Ce n’est pas un coup de coeur pour moi mais c’est quelqu’un que je réécouterais avec beaucoup de plaisir. Aussi, si vous cherchez un bon livre audio, je vous le conseille fortement. 

J’ai trouvé que le livre, alors qu’il dépeint une certaine époque donnée, restait remarquablement bien d’actualité. Je ne m’y attendais pas. En même temps, le livre parle de capitalisme. Toute la partie sur comment ce grand magasin fonctionnait, comment on attirait le client, comment on lui faisait acheter plus était hyper intéressante. Au début, je croyais qu’il allait s’effondrer car tout le monde prophétisait cela et au final, on le voit grandir, grandir, sans s’arrêter et en écrasant tout sur son passage… C’en était un peu effrayant x’).

Je crois que j’ai trop l’habitude où la nature et le village terrasse le méchant grand magasin/progrès/capitalisme grâce au pouvoir de l’amour et tout… eh bien c’est totalement l’inverse et presque montré comme positif, comme inéluctable, la preuve du progrès auquel il faut s’adapter ou mourir. Paradoxalement, on nous montre aussi tous les défauts, tout ce que cela engendre de mal par les brimades, la compétition à outrance entre vendeurs, les méchancetés, les trahisons, les licenciement à la chaîne à coup de « Monsieur, passez à la caisse » si bien qu’on en vient à penser qu’il faudrait être maso pour travailler là dedans quand tout le livre s’acharne à nous montrer qu’il n’y a aucune alternative.

C’est aussi étrange que ce grand magasin soit montré comme positif, signe de progrès quand on voit ce qu’il provoque à tous ses petits concurrents autour. C’est annoncé dès le début mais les voir tomber les uns après les autres avait quelque chose de triste, surtout avec ces cortèges d’enterrement. C’était… Wow.
L’autre point fort du livre sont ses personnages, et en un sens, heureusement vu combien de temps on passe dessus, sans compter tout le background qu’on nous déverse à la moindre occasion. Je ne vais pas m’étendre sur tous parce que je l’ai déjà fait en haut dans le style et même si j’ai bien aimé Mouret, qui est un des deux personnages principaux, beeeen… Je n’ai pas grand chose à dire sur lui. C’est un entrepreneur, un idéaliste, un séducteur qui pense qu’il ne se prendra aucun retour de bâton… Et puis c’est tout. Il est intéressant à suivre, on apprend beaucoup de son point de vue mais je ne me vois pas tenir un paragraphe entier sur lui.
Celles qui tirent le plus leur épingle du jeu, ce sont les femmes. Et ce n’est pas juste une impression de ma part, le livre tient réellement une part importante aux femmes et le dit clairement. Ce sont elles les principales cibles du magasin, elles qu’il faut charmer sans compter l’histoire de « celle qui les vengera toutes ». Qu’elles soient vendeuses ou acheteuses, d’ailleurs.
Vu qu’un des objectifs du livre est de dépeindre la France de son époque, Zola essaye de retranscrire le quotidien d’une femme à l’époque et les injonctions contradictoires qu’elles reçoivent. Elles sont forcées à être « maîtresse de », « femme de » et il est insisté plusieurs fois qu’elles ne peuvent pas gagner leur vie seules, en tout cas pas à Paris. Elles doivent toujours être dépendantes de quelqu’un. Ce ne sont pas elles qui gagnent l’argent pourtant c’est à elles de le dépenser et c’est elles qui sont visés par les grands magasins. Si elles sont mariées, leur mari peut potentiellement les tromper sans qu’elles n’aient leur mot à dire mais à l’inverse, si elles ne le sont pas et enchaînent les amants, elles sont également mal-vues. Paradoxalement, chez les vendeuses, se marier signifie être renvoyé, à moins d’être haut placé. Il n’y a donc aucun moyen de gagner à ce jeu.
De plus, il y a aussi tout un commentaire sur les classes sociales, entre les bourgeoises et les nobles – peu étonnant, vu l’auteur. Et au milieu de tout cela, il y a les vendeuses qu’on décrit comme hybride car elles ont soudainement à plus de luxe que les acheteuses mais sans avoir le statut si bien que cela clashe en permanence (navrée, je n’ai pas d’autres mots).

J’espère que vous avez compris ce que j’essayais d’expliquer mais en tout cas, j’ai trouvé cette partie-là fascinante.
Et au milieu de tout cela, il y a Denise qui est le personnage principal. De prime abord, elle pourrait paraître un peu pleurnicharde car elle a plusieurs moments où elle fond en larmes ou presque sous le coup de l’émotions.
Pourtant, elle est bien plus solide que cela. Je n’ai pas lu les autres livres de Zola, je ne peux donc pas en attester mais il paraît qu’elle se démarquer des autres héroïnes de Zola comme Nana. Apparemment, Zola avait l’habitude des femmes dépendantes, subissant la société, là où Denise est « seule, d’une grande rigueur morale, indépendante dans son travail et sa pensée » (dixit Jurate D. Kaminskas) et j’ai trouvé cette description tellement juste que j’ai voulu la mettre.
Denise est très forte, très droite dans ses bottes. Elle a une certaine conception de la vie et ne va pas la changer pour les beaux yeux d’un homme. En fait, dès le départ, là où tout le monde lui dit de prendre amant ou mari, elle refuse. Elle a ses deux frères à charge, ses parents sont morts, elle a clairement d’autre chat à fouetter que se préoccuper de cela. Ce n’est pas un Eugène de Rastignac qui va débarquer idéaliste, se faire corrompre et finire cynique.
Certes, elle va s’en prendre plein la gueule, et pas qu’un peu. Son premier jour est catastrophique, par exemple. Elle se prend crasse sur crasse des autres, doit endurer les conditions de vies précaires, se faire une place, s’oublier afin de pouvoir subvenir à ses frères – alors que l’aîné est un petit con qui ne lui cause que des ennuis. Et le reste serait du spoil mais vous avez compris l’idée. Evidemment, elle va s’endurcir devant tout cela, apprendre à jouer avec ses règles de ce monde nouveau pour elle mais toujours en restant à fidèle à ce qu’elle est. Ce que j’ai trouvé assez satisfaisant.
Et je m’arrête là pour le positif.

Et finissons avec le négatif, comme à notre habitude. Honnêtement, je n’en ai pas noté beaucoup cette fois. Certes, il y a les points dont j’ai parlé plus haut : on se perd un peu trop dans les personnages, parfois on ne sait pas si ce qu’on lit a une importance pour le récit et puis ma frustration pour cette belle inconnue !
Toutefois, il y a deux autre points sur lesquels j’aimerais revenir :

La fin. Clairement.
Vous le savez, mes critiques sont spoiler-free donc je ne vais pas détailler sur ce qui ce se passe mais… Bordel. C’est quoi cette fin ?
Je ne saurais même pas par quoi commencer. Déjà, il y a une péripétie (?) importante qui arrive, en ayant été très peu préparée et sonne comme un cheveux sur un soupe mais en plus, elle n’a aucune incidence. On ne sait pas ce qui se passe après pour cette dame et on aurait pu l’enlever que cela n’aurait rien changé.
Et puis il y a ces dernières lignes qui paraissent tellement précipités et peu réalistes – ne serait-ce qu’avec les zigottos en bas qui applaudissent à la déclaration. Je… Nan, vraiment, je ne comprends pas.
Et puis, la romance m’a laissé de marbre. Elle n’était pas horrible mais je n’en avais rien à faire.
Hum… En fait, c’est un peu compliqué à développer si bien que je n’ai plus rien à dire ?
Cela aurait été très court ?
En résumé ? J’ai bien aimé, même si je comprends sans peine que d’autres aient du mal. La version audiobook m’a beaucoup aidée. J’ai été marqué par la description de ce monstre capitalisme et de la société de l’époque, notamment du point de vue des femmes. Les personnages m’ont plu, surtout Denise. Mais la fin est trop bizarre pour moi et la romance m’a laissé de marbre.
Avis définitif : Si vous n’avez jamais lu Zola, clairement, je pense qu’il est excellent pour commencer. Je le recommande sans hésitation. J’ai passé un excellent moment dessus.
Si vous aimez déjà Zola… Eh bien, je suppose que vous l’avez déjà lu.
Si vous n’aimez pas du tout ce style, essayez la version audio, au cas où.
Et si vous êtes un lapin, cela ne vous plaira surement pas mais j’espère que mon article aura tout de même été intéressant.
Sur ce, merci de m’avoir lu ! Et je vous dis à la semaine prochaine pour une nouvelle critique 😀

Bingo saisonnier des tamias n°3

Aujourd’hui, ce ne sera pas vraiment une critique, mais un début de challenge. En effet, février est sur le point de débuter et avec lui, le bingo saisonnier des tamias.

Si cela ne vous dit rien… Eh bien, c’est totalement normal, il s’agit d’une animation du discord d’écriture que je suis. Un challenge en petit comité en quelque sorte. Cependant, comme cela sera mes prochaines lectures et que j’en avais envie, je vais présenter mes choix et vous les présenter un peu.

Chaque participant a choisi trois thèmes. Sauriez vous retrouver les miens ? :3
Et comme j’ai à peine réussi à en lire 8 sur les 9 de la dernière fois, j’ai décidé de prendre le 16 ! Parce que je suis maso ! 
Auteur-trice chinois-e : Le singe pèlerin ou le pèlerinage d’Occident de Wou Tch’eng-en

Pourquoi j’ai choisi ce livre ? Oh boy, cela risque d’être une longue histoire.

J’avoue que je ne m’y connais pas beaucoup en littérature chinoise, pour ne pas dire pas du tout. Les seuls livres se passant en Chine que j’avais lus étaient des livres écrits par des Français. Je n’avais même pas de référence, autant dire que j’étais paumée. Alors je suis allé sur le site d’une maison d’édition spécialisée dans la littérature chinoise et une catégorie m’a sauté aux yeux : « Littérature jeunesse ». Ça me disait bien, ça.

D’ailleurs, en la parcourant, je me suis rendu compte que j’avais déjà lu un livre chinois au final : un livre pour apprendre à écrire en chinois, pour enfant, avec un petit garçon qui cherche un nouveau nom et je m’en souviens très bien, car le principe d’avoir plusieurs noms en fonction de ton âge m’avait marqué et même maintenant, je trouve ça génial, mais je m’égare.
BREF. Je parcourais et je suis tombé sur un album sur « San goku, le roi des singes ». Et là, ça a fait tilt. Parce que ce conte/roman, j’en ai déjà entendu parler. C’est un des récits traditionnels chinois les plus connus avec « L’investiture des dieux » et d’ailleurs les deux sont reliés par un personnage, Nazha/Nataku. Et cela faisait une éternité que je voulais le lire, car ils apparaissent souvent dans les mangas. J’en avais même lu deux qui adaptait ces histoires : Saiyuki et Hoshin. Alors, je me suis dit : « C’est le moment où jamais ! ». Donc j’ai cherché un de ces livres. Eh bien, ce fut bien galère apparemment et je bénis le passionné commentateur d’Amazon qui en a fait des critiques détaillés et comparés. Je pense avoir ENFIN trouvé un exemplaire qui ne soit pas hors de prix (80 euros, désolée, mais ça pique…) et accessible. Je dois toujours l’acheter et il a l’air long, mais on verra bien ce que cela donne. 🙂 
Résumé (par mes soins car l’officiel ne vend pas vraiment du rêve) :
Xuan Zang, un moine bouddhiste, part en pèlerinage vers l’Inde afin de ramener et de traduire les textes authentiques du courant de la Conscience seule. En guise de protection contre les démon, il obtient de la Bodhisattva quatre compagnons : le roi des singes, Sun Wukong, un ancien officier du ciel transformé en cochon, Zhu Bajie, un bonze des sables, Sha Wujing ainsi qu’un dragon qui leur servira de monture. Dans un mélange de genre totalement improbable mêlant fantastique et satire, bouddhisme et folklore, le livre nous dépeint les légendes de la Chine du VII° siècle.
Livre de non-fiction : Avalez le crapaud ! de Brian Trecy

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Normalement, si vous avez lu ma dernière critique, vous devez buguer sur ce choix. Après tout, n’ai je pas dit que je détestais le développement personnel ? Que ce n’était pas pour moi ? Que « Miracle Morning » m’était sorti par le nez ? Eh bien… oui. Mais je suis maso et surtout, je n’ai pas envie de m’estimer vaincue.

J’ai envie de tenter encore quelques-uns et celui-ci n’a pas l’air si mal. Surtout qu’il est court (et pas court, j’entends vraiment court. 2 h 50 en audiobook. Par comparaison, miracle morning en durait 5 h 40, soit près du double). Il y aura sûrement moins de répétitions et de storytelling ennuyeux (enfin, j’espère). Donc, tentons d’avaler ce crapaud. Et ne vous en faites pas, s’il est horrible, vous serez aux premières loges pour le savoir. Oh, et c’est moi qui ai choisi ce thème, btw.
Résumé :
Brian Tracy, l’auteur à succès de plus d’une douzaine de livres, dont Maximum Achievement, Advanced Selling Strategies et The 100 Absolutely Unbreakable Laws of Business Success, présente un petit guide qui abonde en conseils pratiques pour aider chacun à optimiser son temps et ainsi cesser de tout remettre au lendemain ! Selon un vieil adage, si vous commencez chaque journée en avalant un crapaud vivant, vous aurez la satisfaction de savoir que c’est probablement la pire chose que vous aurez à faire de toute la journée.

Avalez le crapaud ! vous indique comment porter tous vos efforts sur l’organisation de votre temps, ainsi que sur les tâches cruciales que vous risquez le plus de reporter au lendemain. Dans le style très énergique qui le caractérise, l’auteur va droit à l’essentiel pour une bonne gestion personnelle du temps : l’esprit de décision, la discipline et la détermination. Il détaille vingt et une étapes pratiques et réalisables qui vous aideront à cesser de tout remettre au lendemain, pour accomplir davantage de tâches importantes – aujourd’hui même !
Manga : N’importe lequel… 
Pourquoi j’ai choisi ce livre ? Eh bien, je n’ai pas encore choisi très honnêtement, car je lis beaucoup de mangas et que j’ai déjà ma liste de prête pour mon retour en France, en février. Donc, ça ne sert à rien de prévoir, je sais que j’en lirais un et que cette case sera cochée. J’essayerais de mettre celui que j’ai le plus apprécié comme exemple ^^
Un livre dont vous repoussez toujours la lecture : Laisse-moi entrer de John Ajvide Lindqvist

Pourquoi j’ai choisi ce livre ? Thème choisi par un fantôme et par un heureux hasard, on a eu des idées très similaires, car j’ai proposé celui que vous avez abandonné (lol). J’en profite très rapidement pour faire sa pub : allez voir son terrier, on a débuté en même temps 🙂

Et maintenant que ceci est fait, parlons de ce livre. Alors… Vous vous rappelez quand j’ai dit que je n’avais fait que 8/9 à mon bingo ? C’était mon livre manquant. Le bingo de cet été ? Idem, mais en ayant bien moins que 24/25. L’un de mes rares échecs du cold winter challenge. Ça va finir par être un running gag à ce rythme-là.

Et pourtant, il me fait siiiiiiiii envie. Depuis des années. J’ai envie de regarder le film et je l’aurais fait si je n’avais pas été une telle flipette. Alors pourquoi je n’arrive pas à le commencer ? Je ne sais pas. Mais il faut vraiment que je le lise. En plus, il y a le beau marque-page qu’une amie m’a fait dedans. Alors, on y croit, celle-ci sera la bonne !
Résumé :
 » – Oskar… Cela provenait de la fenêtre. Il ouvrit les yeux et regarda dans cette direction. Il vit les contours d’un petit visage de l’autre côté de la vitre. Il écarta ses couvertures mais avant qu’il ait eu le temps de sortir de son lit, Eli murmura : – Attends. Reste dans ton lit. Est-ce que je peux entrer ? Oskar chuchota : – Oui. – Dis que je peux entrer. – Tu peux entrer. « 

Oskar a 12 ans, il vit seul avec sa mère au coeur d’une banlieue glacée de Stockholm. Il est martyrisé par trois adolescents de son collège. Eli emménagé un soir dans l’appartement voisin. Un homme l’accompagnait. Elle sort le soir, semble ne craindre ni le froid ni la neige et exhale une odeur douceâtre et indéfinissable. Une magnifique et sanglante histoire d’amour et d’amitié entre deux êtres désespérément seuls et différents.
Un livre de Science-fiction : Vox de Christina Dalcher

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

🎵 J’aime la science-fiction, savez-vous comment ? Quand elle est dystopique avec du fem’ dedans 🎶 Tralalala lalala lalère, elle me fait de l’œil depuis 🎶 tralalala lalala lala, En audio, elle me fait trop envie. 🎵

Résumé :
Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne.

Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…
Joker : Wicca de Marie Alihno

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Bon, je sais, on n’est pas censé choisir le joker en théorie. Mais je ne savais où caser ce livre qui me fait tellement envie. Sa couverture est si chou et, même si c’est de la jeunesse (pas que ça me dérange : p), ça a l’air d’être si feel-good qu’il est sur ma table de nuit et que je vais probablement commencer par celui-ci. 

Résumé :
Dans la campagne perdue du Berry, où vivent encore les créatures d’antan, les Sorcelage sont loin d’être une famille ordinaire ! Avril et Octobre, comme leurs ancêtres avant eux, pratiquent en secret la Wicca, une forme de sorcellerie naturelle et bienveillante. Lorsque le cercle de pierres magiques qui protège la région est brisé, ils doivent compter sur leur meilleure amie Nour et le feu follet H pour empêcher d’anciens démons de resurgir.
Un livre qui tourne autour des animaux : Le livre de la jungle de Rudyard Kipling

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Je l’avais commencé par curiosité, pas eu l’occasion de le finir. C’est un classique de la littérature, paraît-il. Ça suffit pour m’intriguer, surtout que je ne connais rien de l’histoire, à part ce qu’en dit le Disney et je me doute bien que ce n’est pas vraiment fidèle. Alors pourquoi pas ? Retentons !

Résumé :
Un couple de loup découvrent un Petit d’Homme errant dans la forêt. Mowgli : ainsi va l’appeler Mère Louve qui l’adopte, refusant de le livrer à Shere Kahn, le tigre boiteux. Furieux, celui-ci vient exiger son dû au Conseil du Clan. Heureusement, l’ours Baloo et la panthère Bagheera interviennent en sa faveur. Mowgli va grandir sous leur protection. Mais Shere Kahn rôde dans l’ombre.
Un livre que vous avez abandonné : Silo de Hugh Howey

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Celui-ci, c’était un livre du club de lecture de l’an dernier. J’avais lu les deux premières parties et j’avais A-DO-RE ! Sérieusement, j’étais sous le charme, je m’étais pris une claque à la fin du premier et pleuré toutes les larmes de mon corps à la fin du second. C’était une dystopie si bien pensé, avec tout ce que j’aimais et qui me surprenait, me prenait au dépourvu. J’avais aussi l’impression que ce n’était pas un monde manichéen, juste que les personnages ignoraient ce qu’il se passait, en était conscient et essayait de faire leur vie avec. Du coup, la part de mystère pour nous était palpable. On en voyait même certains faire des hypothèses qui se révélaient totalement fausses.

Alors pourquoi l’ai-je abandonné si je chante maintenant ses louanges ? Beeeen… bonne question. Enfin si, je pense que c’est le format ebook qui a rendu la lecture difficile, du coup j’ai décroché et je n’ai jamais trouvé le temps de reprendre. Un de mes plus grands regrets de 2019. Alors, cette fois-ci, je le finis !
Résumé :
Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.

Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.

Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin. Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.
Un livre d’Emile Zola : Au bonheur des dames d’Emile Zola

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

J’ai jamais lu Emile Zola, très honnêtement. Au lycée, les professeurs avaient le choix entre Zola et Balzac, nous avons étudié Balzac (et je ne m’en plains pas, j’ai adoré). Mais une certaine loutre ADORE Zola. Je lui ai donc demandé conseil et, s’il n’est vraiment pas doué pour vendre du rêve, j’ai totalement confiance en son jugement :3 Donc, tentons. Et en audio. 

Résumé :
Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s’amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu’une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d’enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d’elle le symbole du modernisme et des crises qu’il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.
Un livre qui a obtenu un prix : Journal d’une fille chien de  Laura Jaffé

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Honnêtement, quand j’ai la mention de prix, je suis allé regarder les prix jeunesse, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que je savais que les autres allaient se précipiter sur l’adulte et que je voulais montrer qu’il y avait d’excellents livres jeunesse aussi. Ensuite, car j’avais un a priori, honnêtement, sur la littérature à grand prix, et plutôt négatif. Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. 

J’ai donc écumé les prix et cela s’est joué entre ce roman et un album sur un piti’ lapin, mais avec des dessins tellement « WOW O_o » qu’on comprenait sans peine d’où venait le prix. Mais, clairement, le résumé m’envoyait bien trop de rêve pour que je ne le prenne pas. J’achèterais les aventures de PitiLapin pour mon neveu et le lui piquerais pour le lire et je vais mettre ce roman dans mon bingo.
Résumé :
Dans un futur proche, en 2038, le gouvernement totalitaire pratique la ségrégation génétique envers les personnes handicapées, différentes, non-conformes. Josépha, une adolescente atteinte d’hypertrichose (forte pilosité sur tout le corps) raconte dans son journal intime la montée de ce nouveau fascisme génétique. Elle relate sa vie ordinaire d’adolescente où se mêlent moments de révolte contre le regard porté sur elle et instants de bonheur fulgurants en compagnie de ses deux inséparables copines. Exclue du collège à cause de son handicap, arrachée à sa famille et ses amies puis internée dans un centre qui ressemble plus à un camp de concentration qu’à un lieu de soins, elle est forcée de s’exhiber dans une émission de télé-réalité digne des zoos humains de Barnum, en compagnie d’autres « phénomènes de foire » aussi spectaculaires d’apparence qu’elle. Tandis qu’elle se lie d’amitié avec ses nouveaux compagnons d’infortune et qu’elle découvre l’amour, des mesures de plus en plus radicales mettent leurs vies en danger. Elle tentera tout ce qui est en son pouvoir pour infléchir le cours du terrible destin réservé aux enfants du Centre…
Un livre avec une couverture « météo » : Hilda et le troll de Luke Pearson

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Est-ce que j’ai vraiment besoin de développer ? J’ai connu Hilda grâce à la série Netflix et j’ai été instantanément sous le charme. C’était tellement une série doudou, rayonnante de mignonitude et d’imagination, avec des histoires nordiques qu’on a pas forcément l’occasion d’entendre. Et intelligente, en plus, bien pensée. Alors, clairement, je veux voir ce qui a inspiré cette merveille et je veux retrouver cette ambiance doudou.

Résumé :
Hilda est une petite fille qui n’aime rien de mieux que de passer la nuit à la belle étoile à rêver à toutes les incroyables aventures qui pourraient lui arriver… Mais en attendant, elle étudie et observe avec une rigueur toute scientifique le monde qui l’entoure et les créatures magiques qui le peuplent.

Un jour, alors qu’elle s’entraîne à dessiner un troll de pierre dans les montagnes, elle s’assoupit au soleil… A son réveil, la voilà perdue dans une tempête de neige, et le troll a disparu !
Un livre qui parle de mode : Le diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Parce qu’il me fait de l’œil depuis un moment ! De base, le titre me faisait peur, mais après avoir vu plusieurs vidéos traitant du film, j’ai vite révisé mon jugement. J’aimerais beaucoup le lire et voir l’adaptation ensuite pour me faire mon avis. Et je l’ai pris en audio !

Résumé :
Andrea n’en revient pas : même avec ses fringues dépareillées, elle l’a décroché, ce job de rêve. La jeune femme de vingt-trois ans va enfin intégrer la rédaction de Runway, prestigieux magazine de mode new-yorkais ! Et devenir l’assistante personnelle de la rédactrice en chef, la papesse du bon goût, la dénommée Miranda Priestly. Une chance inouïe pour Andrea : des milliers d’autres filles se damneraient pour être à sa place ! Mais derrière les strass et les paillettes de cette usine à rêves se cache un enfer peuplé de talons aiguilles et de langues de vipère. Leurs raisons de vivre ? Répondre à TOUTES les angoisses existentielles de la déesse Miranda. Justement, cette dernière vient de trouver une nouvelle victime de la mode :  » An-dre-ââ « …
Un livre Young adulte : La passe miroir : tome 3 de Christelle Dabos 

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Mais parce que je veux la suiiiiiiiiiite. J’ai fini le tome 2 en décembre, je me languis du 3. Et à tous ceux qui me feraient remarquer qu’il est déjà sorti depuis longtemps, ben pas la version audio ! Elle ne sort que fin février (sentez-vous ma tristesse ?). Et la narratrice est si bonne dans ce qu’elle fait que j’ai vraiment envie de continuer avec elle. 

Par contre, pas de résumé car ca spoile les tomes précédents :p

Un livre dont le personnage principal est cuisinier, boulanger, pâtissier ou chocolatier : La cantine de minuit : tome 2 de  Yarô Abe

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Parce que j’adore cette série, même si elle me donne faim et que j’ai acheté ce tome à Noël, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de la lire. 

Résumé :
Dans ce petit restaurant situé au fond d’une ruelle du quartier de Shinjuku, le patron vous accueille de minuit à sept heures du matin. La carte ne propose que du tonjiru, soupe de miso au porc, ainsi que du saké, mais selon vos envies, on vous préparera à la demande tout ce qu’on est en mesure de vous servir.

Saucisses en forme de poulpe, curry qui a reposé toute une nuit, concombres marinés dans du son de riz… Des petits plats typiques du Japon qui réveilleront les papilles et les souvenirs du temps passé. Car ici, chaque plat est lié aux souvenirs d’un personnage : yakuza, stripteaseuse, boxer… Les habitués et clients d’un soir qui se rassemblent ici ont chacun leurs raisons, et le patron bienveillant est toujours à leur écoute, derrière son comptoir.
Un livre plaisir coupable : Conséquences, tome 1 : Répercussions Cara Dee

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Parce que quand on me dit « plaisir coupable », je pense à une catégorie de fanfic qu’on appelle… Le hurt/comfort. Sauf que c’était compliqué d’en trouver alors j’ai demandé de l’aide à un petit lapin fantôme qui m’a finalement déniché cette perle. Et je dois dire que du peu que j’en vois, cela répond totalement à mes attentes donc j’ai hâte de le lire.

Résumé :
Austin Huntley et Cameron Nash sont comme le jour et la nuit. L’un est un homme de famille, travaille dans un beau bureau, conduit une voiture hors de prix et est satisfait de vivre ainsi. L’autre est un mécanicien asocial avec un sacré tempérament. Il y a des choses qui ne changent pas. D’autres le font définitivement. Après avoir survécu ensemble à un kidnapping de cinq mois, ils ont du mal à revenir à la normalité, tout en réalisant qu’ils sont bien plus attirés l’un par l’autre qu’ils n’auraient pu l’imaginer.
Un livre dont le titre commence par la lettre E : Et ils meurent tous les deux à la fin de  Adam Silvera

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

Je connaissais de nom depuis belle lurette. Il me faisait de l’œil et était dans ma liste « Faudra que je l’achète et que je le lise un jour ». Gageons que ce jour est arrivé. L’intrigue a l’air bien et je ne connais pas la fin, si ce n’est ce qui est dit dans le titre. Je suis plus que curieuse de voir de quoi il en retourne.

Résumé :
Le 5 septembre, un peu après minuit, Death-Cast appelle Mateo Torrez et Rufus Emeterio pour leur annoncer une mauvaise nouvelle: ils vont mourir aujourd’hui.

Mateo et Rufus sont de parfaits inconnus, mais, pour différentes raisons, ils cherchent tous deux à se faire un nouvel ami lors de leur journée de fin. Les bonnes nouvelles: Il y a une application pour ça. C’est ce qu’on appelle le dernier ami, et grâce à cela, Rufus et Mateo sont sur le point de se retrouver pour une dernière grande aventure: vivre une vie en une seule journée.
Et voilà, c’est fini pour cette liste ! Je vous laisse avec l’image de mon bingo, pour que vous voyiez l’image globale. J’en ferais probablement une page que je mettrais dans mon menu et que j’actualiserais aussi souvent que possible. Si vous vous posez la question, les petits casques sont pour les audio et les petites pièces de monnaie, pour ceux qu’il faut acheter !
Merci de m’avoir lu et à la prochaine : D 

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une

Je n’ai pas beaucoup d’expérience avec le développement personnel. Jusque là, je voyais surtout celui sur internet, par des vidéos, souvent très accès gestion de temps ou écriture et qui, en y repensant, était une version assez light comparée à d’autres, mais qui m’allait totalement. J’en avais vu deux trois qui ne me plaisaient pas et je voyais d’autres qui étaient plus accès sur « healthy and cie » (ce qui me rend hyper méfiante à chaque fois que je lis), mais je passais mon chemin. Du coup, je ne comprenais pas trop ce qu’on reprochait et ça me semblait trop extrême.

Et puis j’ai lu « Miracle Morning » et j’ai eu un grand « AH. » Le « AH. » du GIF. Le « AH » de « Ah. Ah oui. Ah oui, mais non. Ah mais non, non, c’est pas possible cette histoire ». En gros : j’ai détesté. Vraiment. Mais les annexes étaient cools (ce qui est un peu étrange vu que j’attendais la fin avec impatience, mais arrivée à la fin, j’avais enfin un truc intéressant ?). Bref, j’ai fait un exercice et demandé de l’aide à ma grande sœur pour cela. Je crois que cela m’a collé une étiquette « Aime le développement personnel » sur le front, car j’ai eu le droit à ce merveilleux livre pour Noël. Non pas que je lui en veuille ^^ j’avais déjà vu ce livre dans les rayons et, s’il ne m’intéressait pas du tout, maintenant que je l’avais en cadeau… Pourquoi pas ?

En bref, mon a priori sur ce livre : plutôt mauvais, mais en même temps, pourquoi pas ? Je m’attendais à ce que ce que livre me redonne foi en son genre, surtout que c’était un roman.
Est-ce que mes attentes ont été comblées ? Eh bieeeeen…

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une

Autrice : Raphaëlle Giordano

Date de publication : 1er juin 2017

Nombre de page : 256

Résumé : Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l’impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts ? Tout ce qu’elle veut, c’est retrouver le chemin de la joie et de l’épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l’y aider, elle n’hésite pas longtemps: elle fonce. À travers des expériences étonnantes, créatives et riches de sens, elle va, pas à pas, transformer sa vie et repartir à la conquête de ses rêves…

Mon avis :

Commençons par le positif. J’avais détesté Miracle Morning. Celui-ci… Beaucoup moins.

Le fait que ce soit un roman est vraiment un avantage. L’aspect « storytelling » est bien plus supportable comme ceci, on est davantage pris dans l’histoire. Même si, en soi, c’est généralement un mécanisme qui fait mouche chez moi (sauf quand on essaye de me vendre une voiture ou qu’on utilise des arguments grossiers, type inspirational porn et autre). Pour terminer la comparaison, je me suis dit que cela venait aussi du fait que ce livre était français tandis que l’autre était américain. La mentalité n’est pas la même et, même si j’ai eu des moments WTF, c’était bien plus réaliste et crédible.

J’ai bien aimé le personnage principal ! J’ai vu des critiques qui ne l’aimaient pas, mais moi, si. À part à la fin où je trouvais certaines de ses actions trop grossières (mais j’y reviendrais plus tard), je l’ai trouvé… eh bien crédible. C’est un peu une madame Tout-le-Monde et même si je n’ai que la moitié de son âge et une situation très différente, je comprenais ce qu’elle ressentait. Du coup, cela donnait bien plus envie de tourner les pages pour voir comment les choses allaient s’arranger pour elle.
Le livre a un glossaire à la fin avec les principes importants et, même s’ils restent simples et que j’en connaissais déjà un certain nombre, ils sont utiles et pour un débutant, cela peut-être une bonne porte d’entrée.
Et c’est à peu près tout.

Bon, maintenant que nous avons dit le positif de ce livre, parlons des choses qui fâchent. Ouvrez la salière, faites couler à flots, on attaque les choses sérieuses et GRRRRRRRRRRR…

Beaucoup de situations paraissent un peu forcées. Je pense surtout à la fin qui m’a vraiment déçue. Sans trop rentrer dans les détails, car nous sommes une critique spoiler-free, c’était… Trop. Trop gros, trop rapide. Trop de drama également, juste pour pouvoir faire un dernier rebondissement alors que cela aurait très bien pu se résoudre avant. Le personnage devient soudainement naïf et, alors qu’on nous disait qu’elle travaillait son projet d’arrache-pied, qu’elle a tout un dossier et tout… Ne songe pas à faire cette démarche hypra importante sur laquelle repose tout son projet avant de changer radicalement de vie ce qui fait qu’elle se retrouve soudainement sans filet. Donc drama, incertitudes et tout jusqu’au moment inspiré de son fils et soudainement tout remarche sauf que c’était vraiment trop gros comme ficelle ça !
Sans compter l’apparition de la Guest Star qui se pointe en mode “méoui c’est réaliste”.
Aussi, je pense qu’il y avait une réflexion derrière son projet, une façon de montrer que parfois, ce n’est pas la solution la plus évidente qui est forcément la meilleure. Une façon de mettre en valeur les situations alternatives. Un peu comme les sites d’orientation qui vous rappellent que si vous aimez les animaux, il n’y a pas que vétérinaire (études très complexes) comme futur mais tout un tas d’autres métiers plus accessibles. Une bonne idée sur le papier, je saisis tout à fait l’intention. L’ennui, c’est que je n’ai rien compris à son principe. Du coup, j’étais un peu sceptique. Ça sonnait très “Start-up nation”. Mais pourquoi pas ?
Un autre point où l’héroïne m’a paru vraiment cruche, c’est le coup de la photo. “Oh mon dieu ! Je viens de trouver une photo représentant deux personnes, dont une qui ressemble vraiment à X à un détail près. Je me demande bien qui cela peut-il être. Peut-être son frère ? Oh là là !”. Attention, la réponse va vous surprendre ! Pareil pour ce plot twist très… étrange ? Moui, bof, si vous voulez ?
Et avant cela ? Eh bien, il y a deux autres points que je n’ai pas DU TOUT appréciés. Le premier, c’est celui autour du poids. Et si j’ai parlé de salière tout à l’heure, ce n’est clairement pas à la légère. Par où commencer ? 
L’héroïne, au cours de son programme, décide de perdre du poids. Elle se plaint de se sentir trop grosse, que cela lui plombe son estime de soi. Le problème est même déjà pointé du doigt inconsciemment : elle se scrute bien trop. Et vous savez quoi ? Le. Coach. Lui. Donne. Raison. Genre, quand elle lui en parle, il est totalement d’accord et lui indique une méthode pour faire un régime – restrictif au passage, parce qu’il ne faut pas déconner. Je grinçais sérieusement des dents à ce moment-là et j’ai voulu balancer le livre par la fenêtre quand il a soudainement changé d’avis deux chapitres plus loin, au pire moment, en lui faisant remarquer que son souci n’était pas son poids, mais sa perception d’elle-même. Oui, car j’ai oublié de préciser ce détail, mais le livre se contredit plusieurs fois. M’enfin bon. De toute manière, le discours est vite passé à la trappe puisqu’elle perd effectivement ses kilos. Et on touche du doigt le problème là.
Quand je vous ai dit que l’héroïne se sentait grosse, vous avez sûrement dû vous faire une estimation de son poids, plus ou moins élevé selon vos référentiels. Moi, j’avais déjà un indice, un truc qui m’avait bien fait tiquer à ce sujet : elle ne rentre plus dans “un 40 un peu optimiste” pour reprendre ses termes. Donc on peut légitimement se dire qu’elle fait une taille 42. Et là, ça tique vraiment parce que les tailles 40-42 sont les tailles moyennes en France pour une femme. C’est littéralement la plus répandue et on parle d’une quadragénaire ayant déjà eu une grossesse. Statistiquement, c’est ce qu’on devrait attendre. Vous sentez venir le souci ?
Le couperet tombe : elle faisait 59 kg.
Vous ne comprenez pas ce qui me choque ? Eh bien, c’est très simple. Vu qu’on n’a aucune indication sur sa taille (elle ne se plaint à aucun moment d’être petite ni très grande et vu comment elle se critique, on l’aurait su si c’en avait été autrement), partons sur une taille moyenne : 1m65. On sort la petite calculatrice, on va estimer son IMC (même si en soi l’IMC n’est pas parfait, il donne une assez bonne estimation dans ce cas là). Résultat : 21,67 : corpulence normale.
Ouais. Elle n’est absolument pas, à AUCUN moment, en surpoids. Elle avait même pas mal de marge. Une autre petite recherche google nous informe que le poids moyen d’une femme en France est de 63 kg (plus ou moins 2, selon les sites et études).
Et pourtant, le livre soutient qu’elle est trop grosse, c’est à peine remis en cause (et encore, ça n’a aucun impact ET le moment où il le dit est trop tard, dans une scène mauvaise et oubliée la seconde d’après). Quand elle perd ses kilos, elle est félicitée. Les conseils donnés sont au mieux risibles, au pire dangereux. Et maintenant que j’y songe, c’est bizarre qu’il ne l’emmène pas voir un professionnel à ce sujet vu qu’il l’emmène voir pas mal de monde ailleurs. On a pas de diététicien ni de cuisinier par exemple ou autre. Aucune vraie information, aucune remise en perspective, nada.
Autant dire que je grrrrrrrrrrrrrrrrrr intérieurement.
Le seul point “positif” est la mise en lumière de manger mieux, mais bon, cela aurait pu être présenté ainsi, sans passer par la case “régime”…
Dernier point et pas des moindres : c’est du développement personnel. Du coup, c’est réellement centré sur l’individu. Ça a ses bons et ses mauvais côtés. De fait, ça a tendance à zapper les explications sociales ou juste systémiques (=qui relève d’un système, . Et ça pose soucis à plusieurs endroits.
Un qui m’a réellement marqué, c’est lors d’une dispute. La situation de base est assez réaliste et a de suite fait écho en moi. Le problème de fond est la charge mentale : personnage principal est débordée, au bord de l’implosion. Elle est fatiguée, doit gérer à la fois son fils et le repas. Mari rentre et… ne fait rien, mais râle. Le ton monte petit à petit et vers la fin, ça sort les “Je suis fatigué, j’ai travaillé toute la journée !”/“Je travaille moi aussi !”/“Mais bien sûr…” (schématiquement). Bref, ça explose, elle fuit la maison, appelle son coach. Tout est clair, limpide.
La solution du coach ? Recentrer sur l’individu. “Basiquement, c’est de votre faute, vous auriez dû être ci, vous auriez dû faire ça…” tout le long. Toute la responsabilité lui incombe. C’est à elle de mieux écouter, d’être plus agréable… Vous vous rappelez quand j’ai mentionné qu’il lui dit plusieurs chapitres plus tard que le souci n’est pas son poids, mais sa perception d’elle-même ? Eh bien, c’est dans ce contexte-là. Ouais, meilleure idée au monde. Je vous passe l’extrait pour que vous compreniez :

— Je… je ne m’aime pas, c’est ça ?
— Oui, c’est ça, Camille. Vous avez tendance à interpréter les comportements de votre conjoint à travers le filtre déformant de vos pensées négatives. En ce moment, vous ne vous aimez pas tellement, parce que vous vous êtes mis en tête que vous étiez moins jolie avec vos petits kilos en trop et vos premières ridules… Inconsciemment, vous projetez sur votre mari votre peur de ne plus être aimable. […]

On notera que cela n’a aucun rapport avec le sujet de la dispute de départ et que c’est même pire que ce que je me rappelais pour le poids. La suite axe sur la communication, l’empathie et tout, ce qui sont en soit de bonnes choses, mais cela replace toute la responsabilité sur elle et dans la réalité, c’est juste un pansement sur une plaie. Ça ne va pas assez loin, ça ne creuse pas le cœur du problème. C’est dû au côté développement personnel, mais également au côté roman : on ne peut pas se permettre de faire un essai, il faut que ça soit accessible (même si ça reste frustrant et qu’au moins une mention ou vague explication m’aurait suffit).
Aussi, ultime note que le livre se contredit, les parents étaient censés être dans l’éducation positive avant que le livre ne commence. Certes, la mère n’en pouvait plus et a effectué un virage à 90° en devenant trop stricte. C’est posé comme étant le principal problème dans sa relation avec son fils. Mais du coup, tout ce que le coach lui explique dans cette discussion, elle ne devrait pas déjà les connaître ? Je veux dire, c’est la base de l’éducation positive. Ca m’a fait tiquer à la lecture.
Le livre est rempli de petits moments comme ça où on se dit « Attends… mais non ! ». C’est un peu perturbant.
En résumé ? Je ne l’aurais pas acheté de moi même, mais je ne suis pas mécontente de l’avoir lu. Est-ce qu’il m’a réconcilié avec le genre ? Hum, non, pas vraiment. Est-ce qu’il m’a plu ? Bof. Il y a trop de points qui m’ont dérangé pour cela. Est-ce que je le recommande ? Franchement, oui. Si vous aimez les livres de ce genre ou que vous voulez vous faire un avis dessus, il est assez accessible et moins indigeste que d’autres.
Mais pour moi, c’est définitivement un nope.
Sur ce, merci de m’avoir lu ! Et je vous dis à la semaine prochaine pour une nouvelle critique 😀

Circé, de Madeline Miller

Pour ce premier article critique, je vais m’attaquer à un gros coup de cœur que j’ai lu cet été. De base, je voulais le chroniquer avec Achille, mais mon article devenait tellement long que je me suis résolu à couper la poire en deux. Voici donc ma critique de Circé, de Madeline Miller.

De base, un livre sur la mythologie grecque – thème que j’affectionne au plus haut point –, racontant la vie d’une immortelle, de son point de vue, ne pouvait que me plaire. J’étais partie avec un fort a priori positif et, par le hasard des choses, je n’étais pas seule à le lire. Une amie avait acheté le livre en anglais, sans qu’on en ait parlé avant et nous étions toutes les deux au même endroit. Aussi, nous en discutions au fur et à mesure de notre lecture et c’est un souvenir assez positif et lié à ce livre que j’en garde.

Enfin, dernier point qui a joué, j’écris sur la mythologie. Plus exactement, je rédige un roman sur les phorcydes, du point de vue de Sthéno. Autant dire que j’étais aux anges et que j’avais un double intérêt à ce livre : le sujet et comment quelqu’un d’autre écrivait sur ce sujet proche. Ce fut assez instructif et là encore, cela a dû jouer sur mon appréciation.

Mais trêve d’introductions, passons aux choses sérieuses :

Circé

Autrice : Madeline Miller

Date de publication : 10 avril 2018

Nombre de page : 576

Résumé : Helios, dieu du soleil, a une fille : Circé. Elle ne possède ni les pouvoirs exceptionnels de son père ni le charme envoûtant de sa mère, mais elle se découvre pourtant un don : la sorcellerie, les poisons et la capacité à transformer ses ennemis en créatures monstrueuses. Peu à peu, même les dieux la redoutent.
Son père lui ordonne de s’exiler sur une île déserte sur laquelle elle développe des rites occultes et croise tous les personnages importants de la mythologie : le Minotaure, Icare, Médée et Ulysse….

Mais cette existence de femme indépendante et dangereuse inquiète les dieux et effraie les hommes. Pour sauver ce qu’elle a de plus cher à ses yeux, Circé doit choisir entre ces deux mondes : les dieux dont elle descend, les mortels qu’elle a appris à aimer.

Mon avis :

Ne tournons pas autour du pot, j’ai adoré. Cela a été mon coup de cœur de cette année si bien que j’ai offert le livre à quelqu’un dans une tentative de le convaincre. Je regrette d’ailleurs, car j’aurais bien aimé le relire.

Le premier point qui m’a sauté aux yeux, c’est à quel point c’était bien écrit. C’est toujours compliqué d’écrire sur la mythologie, car c’est très dense et qu’il faut arriver à donner du sens à des actions qui sont parfois symboliques – sans parler de faire comprendre la mentalité d’époque. C’était doublement difficile, du fait que nous sommes du point de vue des dieux qui ont une manière de raisonner tellement différente des mortels. Madeline Miller s’en sort très bien sur ce point. Elle arrive à garder tout concis, à ne pas perdre dans la mythologie.
Un exemple qui me vient en tête et qui vous paraîtra peut-être insignifiant est une réflexion que se fait Circé sur une tante et sur le fait qu’elle ne va pas dire son nom, car elle a tellement d’oncles et de tantes qu’on ne serait pas sorti de l’auberge si elle commençait à dire qui est qui. Et c’est totalement vrai. Le livre est parsemé de petites phrases ainsi qui sont très justes et qui aident à rendre l’univers concret.
Il est aussi parsemé de petites piques, de temps à autre, qui font mouche et qui rajoutent de l’humour. Cela se voit surtout dans les dialogues. Une qui me vient en tête est le moment où Hermès arrive à la porte de Circé pour transmettre un message à un de ses habitants. Il lui dit bonjour, elle lui répond non et veut refermer la porte. Rien qu’à m’en rappeler, j’en ris encore.
Un autre point important est sa capacité à développer ses personnages afin que, même s’ils nous semblent étranges voir immoraux, ils ne sonnent jamais faux. Il n’y a aucun « méchant très méchant ». D’ailleurs, il n’y a aucun héros non plus. Le livre propose à plusieurs endroits une déconstruction du mythe du héros parfait, de manière plus subtile que je ne l’ai habituellement vu. On se fait parfois manipuler un bout de temps avant de s’en rendre compte.
De toute manière, les personnages sont vraiment le point fort du livre. On en croise beaucoup tout au long du roman et si certains sont plus développés que d’autres, ils sont tous très bien écrits. On rencontre ainsi tour à tour la famille de Circé, Glaucos, Scylla, Ulysse et tant d’autres…
Astérion apparaît dans le récit (enfin, sa naissance). Vous ne voyez probablement pas qui c’est, mais moi j’étais aux anges pendant tout le chapitre, surtout en voyant son nom cité.
J’ai un gros faible pour Pasiphaé. Je dois avouer que je ne l’avais jamais vu représenté comme cela. D’habitude, elle est passive, en retrait, telle une douce femme au foyer et dont l’épisode le plus marquant est celui du taureau. Je n’avais jamais réalisé qu’elle était sœur de Circé. Ici, elle est bien plus que cela. Elle est horrible, dans le bon sens du terme. Fascinante par la répulsion qu’elle exerce, tellement tordue, tellement représentative de l’état d’esprit si perverti des dieux, le genre de personnage que l’on adore détester et que moi j’adore tout court. Et quand on lui donne enfin la parole, son mode de raisonnement fait sens. On arrive à la comprendre alors que de prime abord, ce n’est pas évident. Je l’aime d’autant plus qu’elle fourre le nez de Circé dans ses contradictions et ça, c’était assez jouissif.
Et puis, elle a la meilleure réplique du roman. Si vous l’avez vu, vous savez de quoi je parle, c’est celle lancée à Dédale dans le chapitre d’Astérion. Quand je l’ai lu, j’ai hurlé de rire. Malheureusement, je n’ai plus le livre sous la main et je ne la retrouve pas sur internet, dommage…
Mais voilà que je parle des personnages sans même évoquer la principale. Un peu un comble, non ? J’aime beaucoup Circé, et tant mieux, car nous sommes intégralement de son point de vue. On suit, page après page, son évolution, ses réflexions, plongées dans ses pensées. Si bien que je ne pense pas que cela soit possible de lire le roman si on n’arrive pas à accrocher un peu au personnage. Elle est complexe et bourrée de contradictions, ce qui n’est pas pour me déplaire. Elle fait une très bonne narratrice, car elle se sent souvent en dehors, peu « normale », si bien qu’elle commente souvent d’un point de vue extérieur, dans une recherche de trouver sa place. On la voit tâtonner, se questionner, échouer, réessayer, se faire trahir, mûrir… Chaque nouvelle expérience lui apporte quelque chose de nouveau. Et elle sonne terriblement juste.
Sa relation avec Ulysse occupe une certaine place dans le roman, même après son départ et elle est assez bien faite. C’est par son prisme qu’il y a la déconstruction du héros. Sans trop rentrer dans les spoils, c’est un des passages où on se fait presque manipuler tant on voit tout d’abord les bons côtés d’Ulysse uniquement, qui sait se montrer charmant et vif d’esprit. Et puis, au fur et à mesure, on se rend compte de certains aspects et notamment qu’ils réveillent le pire chez l’autre – surtout chez Circé.
Et je vais m’arrêter là sur les personnages, car sinon, ma critique va être bien trop longue.
L’aspect sorcellerie est très bien traité également, car, comme le souligne ci bien Circé, ce n’est ni un don ni un pouvoir magique. C’est quelque chose qu’elle acquiert tout au long, découvrant petit à petit et nous avec. Il y a donc plusieurs passages où elle tâtonne, raconte ses expérimentations et cela m’a beaucoup plu. Cela donnait presque… envie. C’était tangible.
En dernier point positif, je n’avais pas vu venir la fin. Mais je ne peux pas trop développer pour ne pas spoiler.

Méduse n’avait pas vu venir la fin ? Oui, eh bien, notre amie commune si. Donc je ne sais pas. C’est vrai que j’ai tendance à me faire mener en bateau facilement. Elle en a aussi été un peu déçue, car, pour elle, la fin n’allait pas assez loin et c’était un peu retour au status quo. Et après qu’elle me l’ait dit, je comprenais son point de vue. C’est vrai, il y a un peu de ça.
Moralité : ne prenez pas tout ce que je dis pour paroles d’évangile, surtout chez Méduse.

Le livre étant un coup de cœur, les points suivants ne seront pas vraiment des gros points négatifs, plus des réflexions qui me sont venues en tête :
Le monde dépeint est assez sombre. Dans un sens, c’est normal, les mythes ont aussi cet aspect. Mais ce qui m’a choqué, c’est qu’à l’intérieur même des familles, il n’y avait aucune entraide ou presque. Tout le monde se sert de tout le monde pour arriver à ses fins. Circé est proche d’un de ses frères ? Ne vous en faites pas, ça ne va pas durer. Et le moment qui m’a laissé échapper un son d’indignation, ce sont les sœurs de Scylla qui se moquent d’elle.
D’ailleurs, en parlant de Scylla. Les mythes ne sont pas toujours respectés – doux euphémisme. Certes, il existe de nombreuses versions de chaque, mais l’autrice n’hésite pas à changer certains passages pour arranger son histoire. Et c’est plutôt cool, en fait. Elle avait fait pareil avec Achille dans lequel l’histoire du talon n’est tout simplement pas présente. C’est assez décomplexant quand on a tendance à avoir peur au moindre détail changé.
Ceci dit, les mythes sont quand même bien retranscrits dans leur ensemble. Et si vous me pardonnez encore de raconter ma vie… J’écris sur les phorcydes. Donc, évidemment, cela comprend Scylla et je savais ce qui allait arriver. J’avais d’ailleurs écrit l’histoire de l’autre point de vue et c’était amusant à voir. Mais du coup, j’ai vu arriver un certain personnage, j’étais là « Ah, ça y est. Nous y voilà. Je sais ce qui va se passer » et ça ne m’a pas enlevé le plaisir de la lecture, ce qui est un bon point.
Un autre point un peu négatif, c’est que Circé est parfois un peu excusée de ses actes. Cela va de pair avec certaines modifications des mythes. En fait, la raison c’est que l’autrice est peu coincée à faire l’équilibriste entre « il faut que les actions de Circé aient du sens » et ça passe par de la justification et le « Il faut aussi montrer ses mauvaises actions ». Dans l’ensemble, ça passe assez bien. Mais il y a quelques moments où est-ce que je tique.
(Bon, OK, je parle encore à Scylla qui s’en prend plein la gueule. Sérieusement. C’est pour le bien de la logique du récit et l’un des plus grands regrets de Circé, mais tout de même… La pauvre quoi x’D).
C’est un avis tout à fait personnel, mais je trouve qu’il n’y a pas assez de Pasiphaé. Elle disparaît du récit après le passage Astérion et c’est dommage, j’en aurais voulu un peu plus. Mais boooon, j’imagine que cela fait sens, il n’y avait pas de place pour elle par la suite. Et puis, on entend de ces nouvelles par la bouche d’un personnage. Je resterais donc avec ma faim et ma tristesse.
D’ailleurs, le frère jumeau de Pasiphaé ne sert à rien. C’est celui avec le moins de présence des quatre. Il était greffé à sa sœur pendant l’enfance et après, pouf, on n’en entend plus parler. Pas sûr que ce soit forcément un mal, mais ça fait un peu tâche parmi tous les autres.
J’aurais vraiment dû lire Achille d’abord. Je ne pouvais pas le savoir, car on peut vraiment lire les deux séparément sans soucis. Cependant, après avoir fini Achille, je me suis dit que cela aurait été plus logique dans ce sens. La raison principale est que Le chant d’Achille (que j’abrège depuis tout à l’heure, my bad) est raconté du point de vue des hommes. De fait, les dieux et le peu qu’on en voit paraissent mystérieux, incompréhensibles. On leur devine une profondeur qu’on ne comprend pas.
Circé, justement, est racontée du côté des dieux. De fait, à mon avis, cela a plus d’impact dans ce sens-là où dans l’autre, il y a une légère frustration à ne pas en savoir davantage (notamment de Thétis).
En plus, Ulysse est dans Achille et on s’y attache plus, car il a un peu le rôle du stratège, du type vraiment intelligent qui a un coup d’avance sur tout le monde. Peut-être que sa déconstruction marcherait mieux si on commence le livre en ayant vraiment de l’affection pour lui et en se rendant compte après des problèmes.
Voilà ! C’est fini pour cet article 😀
Merci de m’avoir lu jusqu’au bout. J’espère vous avoir donné envie de lire ce roman. Personnellement, si un nouveau roman sort de cette autrice, je me jetterais dessus immédiatement.
Et sur ce, je vous dis à bientôt !

De la défense des livres audios

Ou pourquoi vous devriez en lire et à quel point c’est bien.

Depuis un moment, j’ai un soucis. J’ai beaucoup plus de mal à lire les romans papiers. Je n’arrive pas à trouver le temps. Même les livres qui me captivent, qui m’intéressent ! Par exemple, fin novembre/début décembre, j’ai commencé Le chant d’Achille de Madeline Miller. Il est trop bien. J’avais adoré Circé, je l’attendais avec hâte. Clairement, ce n’était pas lui le problème (d’ailleurs je ferai un article dessus, un jour). C’est juste, que voilà, je n’arrivais pas à me motiver à le lire, peu importe à quel point j’en avais envie.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Eh bien parce que ce qui m’a vraiment sauvé la vie, c’est les livres audios (ou audiobook, comme vous voulez, j’utiliserai les deux par la suite). Non pas que je les ai découverts récemment, loin de là. J’ai commencé à les utiliser en décembre 2017, comme le montre ce merveilleux graphique ci-dessous.

Je ne sais pas si je vous aie dit combien j’aimais les graphiques.

J’avais pris un abonnement à l’époque pour écouter avec ma copine. C’était Les petites reines de Clémentine Beauvais. Très bon choix par ailleurs car la narratrice était top et que nous avions passé un super moment. Je risque d’en reparler d’ailleurs. Bref, à partir de là, j’ai commencé à rentabiliser mon abonnement et enchaîner les livres, avec des moments de pauses où je pouvais ne plus rien lire pendant quelques mois avant de reprendre. Les crédits qui s’accumulent étaient d’ailleurs très pratiques à ce sujet. Et cet hiver, j’étais clairement dans une période favorable. J’ai triplé mon nombre d’heure rien qu’au mois de décembre tellement j’enchainais les livres.
Alors, cela m’a donné envie, une fois de plus, de partir défendre le livre audio. La seule différence étant que, désormais, j’ai un endroit pour le faire au lieu d’aller embêter le pauvre malheureux qui passe et qui a le malheur de faire une remarque vaguement lié à ce sujet.

Les avantages du livre audio

Tout d’abord, il y a son côté pratique et c’est probablement le premier qui vous est venu à l’esprit. Un livre audio, on peut l’écouter partout. Sur son trajet par exemple, pendant que l’on fait autre chose. J’avoue que c’est ce qui a fait la différence avec le livre papier me concernant : je n’avais pas à trouver le temps de me poser, j’avais juste à brancher mon casque et le lancer. Mais justement, vu que c’est le plus évident, je ne vais pas m’étendre dessus donc on enchaine.

Un bon narrateur, ça change tout. Celui-ci, je l’entends moins souvent alors qu’il est essentiel. Le narrateur, dans un audiobook, c’est la clef de voûte. Il doit être suffisamment convaincant, ne pas endormir, pouvoir faire plusieurs voix de manière constantes tout en rendant les émotions et instaurer une ambiance.
Un mauvais narrateur, cela vous plombe tout le récit, même le meilleur. Et à l’inverse, un excellent, c’est un vrai plus. Du genre à ne pas vouloir acheter la suite en livre broché juste pour pouvoir le suivre.
(Oui, je suis du genre à faire cela. J’attends désespérément le tome 5 de Percy Jackson sorti depuis près de 10 ans maintenant. Mais que voulez vous, le narrateur est si bon ;o; ).
D’ailleurs, même si cela dépend des livres, il y en a plusieurs qui font appel à des acteurs ou des comédiens de doublage ce qui est vraiment un argument non négligeable.
Pour en rajouter une couche, vous souvenez-vous du livre que j’ai cité plus haut, « Les petites reines » ? Pour celleux qui ne situeraient pas, c’est un livre drôle, principalement car nous sommes dans la tête d’une adolescente qui a un humour assez incisif, sarcastique, pleins de bons mots et de piques. La voix de la narratrice collait à merveille et donnait encore plus de peps au texte. En toute sincérité, nous étions mortes de rire pour deux choses : l’histoire et la voix. C’était parfait, je n’arrive même plus à m’imaginer autrement. Et ça, honorables êtres lisant, c’est pour moi un argument de poids.

De plus, cela permet de lire des livres que l’on aurait jamais pu lire avant. J’entends par là les livres compliqués, lents, ceux qui ont des réputations épouvantables et qu’on a lâché car, vraiment, ce n’était pas possible.
En audiobook, c’est tout de suite plus simple. Il y a un côté un peu passif, comme si on nous lisait une histoire (ce qui en soit est vrai). De fait, il y a moins d’effort à fournir pour s’accrocher.
C’est grâce à cela que j’ai réussi à lire les trois tomes du Seigneur des Anneaux. Et si vous n’avez jamais lu ou entendu parler du livre, sachez une chose : c’est lent, mais lent, très très très très leeeeeeeeeent. Clairement, j’ai écouté le chapitre 1, trente minutes sur l’état géopolitique et social de la Terre du milieu avec quelles familles habitent où et descendent de qui et…. J’ai su que j’avais clairement bien fait de ne pas tenter en broché. Ce fut long mais bien plus faisable et je ne regrette pas du tout.
(Je tiens à m’excuser de tout ce story-telling que je fais, c’est juste que j’essaye de convaincre avec ce que je connais. Mais j’ai vraiment l’impression de raconter ma vie, là.).

Enfin, cela renforce l’immersion. Cela va de pair avec le narrateur mais quand toutes les conditions sont réunies, l’immersion dans le récit est bien plus grande. C’est comme si tout était décuplé. Le suspens devient encore plus insoutenable, l’horreur plus effrayante et les passages tristes vous prennent davantage aux tripes. Pas que d’habitude, ils ne le fassent pas, non. C’est juste un plus.
Et c’est d’ailleurs aussi un inconvénient si vous êtes du genre à ne pas aimer pleurer en public. Mais bon, le bouton pause n’est pas bien loin.

Le principal reproche que les gens font

Ok, maintenant que je vous ai donné mon point de vue sur les avantages du livre audio, je vais juste m’attarder sur un point qui revient très fréquemment :

 » Oui mais moi, je n’ai aucune concentration pour ce genre de truc, je décroche au bout de cinq minutes. »

Ok ? Ce n’est pas grave ? A part si vos problèmes de concentration sont des soucis de santé (quelqu’un m’a dit un jour qu’il avait des problèmes auditifs, ce qui en soit était une assez bonne raison), ce n’est pas du tout incompatible.

Très sérieusement, personne ne va venir vous menacer avec un couteau si vous ne lisez que cinq minutes. En fait, c’est même plutôt l’inverse. Quand on commence un audiobook, la première lecture avant d’appuyer sur le bouton pause se situe entre 5 et 15 minutes. Bien sûr, cela va dépendre de pleins de paramètres tel que le livres et son style, le type de lecteur, ce que vous avez prévu de faire, les conditions extérieures etc.

De la même manière que vous lisez rarement un livre en une seule fois, et que même dans une séance de lecture, il y a souvent des pauses plus ou moins longues, lire un audiobook impliquera d’appuyer sur le bouton pause de nombreuses fois, voir même de retourner en arrière parce que vous avez été distrait. C’est normal. Cela fait partie du format.

Ok, mais maintenant vous vous demandez surement « Est-ce réellement intéressant/faisable de lire cinq minutes par cinq minutes ? »
Et très franchement, oui. Ca le fait. Déjà car il y arrivera forcément un moment où vous serez tellement pris dans l’histoire que ce ne sera plus 5 minutes mais 15 voir 30, voire plus. Ensuite car un livre long audio l’est surement aussi en version papier et que vous auriez eu le même problème.
Si cela vous laisse toujours sceptique et que vous n’en avez pas peur de m’entendre raconter ma vie, sachez que j’ai réussi à lire un livre de 20h52, tranche de 5 minutes par 5 minutes. Cela m’a pris deux mois, c’était long et c’était Le Seigneur des Anneaux tome 1. Excepté le prologue où j’étais dans une file d’attente pour une attraction (le fait de lier des lieux improbables à des livres devrait être un avantage btw) et que j’ai lu d’une traite car je n’avais rien d’autre à faire, j’ai eu beaucoup de touts petits passages tant le début était lent. Parfois c’était intéressant et je laissais filer mais clairement, jusqu’au 2/3 du roman, ce fut laborieux. Ca en valait le coup ceci dit mais c’est un autre débat lié plus à cette saga qu’aux audiobooks.
Donc clairement, c’est possible.


Ceci étant dit, si vous n’êtes toujours pas convaincus… Ben c’est pas grave j’imagine ? Encore heureux, en fait. Merci de m’avoir écoutée blablater.
Pour les autres…

Les livres que je recommande en audio !

Voici quelques unes de mes suggestions :

Les petites reines de Clémentine Beauvais pour les raisons que j’ai déjà évoquées plus haut.
La saga des Percv Jackson car elle est lue par Benjamin Bollen et que j’aime beaucoup sa voix. Il est très vif, a des voix qui colle bien aux personnages et est très agréable à entendre.
Celle des Passe-miroir lu par Clotilde Seille. Elle a tendance à réutiliser ses voix en fonction du ton mais c’est très agréable à écouter et j’ai un faible pour son Archibald. De plus, l’héroïne principale est décrite comme ayant une voix particulière et c’est très bien retranscrit, ce qui lui donne un peu plus de crédibilité/relief.
Et pour finir (pardon de ne citer que des titres assez connus), la saga des Ewilan lu par Kelly Marot. Je trouve que sa voix colle très bien et elle sait bien retranscrire le merveilleux.